dimanche 25 juin 2017

Nord et Sud

Elizabeth Gaskell




Le sujet (éditeur)

C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du
Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports
difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton. En même temps qu'un étonnant portrait de femme dans l'Angleterre du milieu du XIXe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret. 

Mon avis

J'ai aimé... assez/beaucoup

Voilà longtemps que je souhaitais livre cet ouvrage que j'imaginais je l'avoue un peu plus orienté histoire et sociologie que roman sentimentale.
Une grande partie du roman s'articule en effet autour d'une histoire d'amour naissante entre deux personnages que tout oppose (bien sûr), à la manière d'Orgueil et Préjugés de Jane Austen.
Sauf que dans ce livre, la partie société, environnement sociologique est autrement plus intéressante et fouillée que dans le classique (et néanmoins excellent) Orgueil et Préjugés. Et tant mieux!

Elizabeth Gaskell décrit très bien cette différence entre le Nord et le Sud et de l'Angleterre de l'ère industrielle que tout oppose : le Nord avec ses usines, ses ouvriers et ses grèves, la pollution (incarné par le personnage John Thornton patron d'une usine de fabrication de tissue), et le Sud avec sa population beaucoup plus rurale et une vie plus simple et plus lente (incarné par le personnage principal de Margaret Hale, fille de pasteur). L'auteur fait se confronter les deux mondes et la discussion est intéressante et beaucoup moins superficielle que ce que je n'aurais pu imaginer. Je pense que c'est pour beaucoup dans le succès de ce livre. 
C'est en tout cas un roman que je recommande, qui réjouira les lecteurs en attente d'intrigue sentimentale mais qui n'est cependant pas un roman futile, avec un fond historique intéressant.

No Home

Yaa Gyasi




Le sujet

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

Mon avis

J'ai aimé... bof

Je suis assez déçue par la lecture de ce livre. 
J'avais lu tellement d'excellentes critiques que je m'attendais à un vrai coup de cœur. 
Il n'en fut rien. 
Non que ce livre soit inintéressant, il se lit rapidement, les chapitres sont courts, ça se lit bien. 
Mais j'ai trouvé extrêmement dommage la façon dont le livre est construit : un chapitre par génération et par branche de la famille. On a envie d'en savoir plus sur chacun des personnages mais non, on ne fait que survoler, passer rapidement au suivant. Du coup on ne s'attache pas du tout à eux, on ne fait que passer. Ça a rendu cette lecture décevante et je n'ai eu absolument aucune empathie pour les personnages (et pourtant, sensible comme je suis c'est vraiment une facilité que j'ai d'habitude).
Le côté positif c'est que j'ai découvert l'histoire de l'esclavage dans cette partie de l'Afrique peuplée par les Ashanti et les Fanti (et encore, wikipedia est mon ami car il semble y avoir pas mal de différences historiques).
Je ne recommande pas particulièrement cette lecture.

Baltimore

David Simon



Le sujet

En janvier 1988 le journaliste du Baltimore Sun aujourd'hui si connu (mon idole!) David Simon décide de passer 1 an avec la brigade criminelle de la police de Baltimore.
Ce merveilleux livre nous plonge dans le fonctionnement et le quotidien de ces inspecteurs de la criminelle.

Mon avis


J'ai aimé... passionnément

Alala! Ce David Simon décidément...
Je l'ai d'abord découvert avec l'excellente série (la meilleure de la tv d'après moi) The Wire, puis la non moins excellente série Treme (sur la Nouvelle Orléans après l'ouragan Katrina) et l'an passé avec la mini-série Show Me A Hero (sur l'installation forcée d'habitations à loyers modérés dans des quartiers blancs de la classe moyenne près de New York) et maintenant avec le livre par lequel tout a commencé ... Baltimore.
Mais quelle merveille (et quel pavé!!!!). J'avais peur de ne pas parvenir à m'accrocher au livre, car clairement l'objectif de David Simon n'est pas de suivre les affaires. On découvre de nombreux meurtres mais on a pas forcement le fin mot de l'histoire. Le livre est surtout ancré sur le quotidien des inspecteurs (les problèmes avec la hiérarchie, la pression du taux d'élucidation par équipe, la trac des dealers et des assassinats associés, la problématique d'obtenir des informations de la part du voisinage très méfiante vis-à-vis des la police...).
Et pourtant j'ai adoré, et j'ai également beaucoup ri (voir l'extrait ci-après relatif à la page 341). J'étais à fond avec ces inspecteurs dont j'ai vraiment eu l'impression de partager les problèmes et les déceptions comme les succès, tout ça je pense grâce à la plume de David Simon (et de la traduction française bien sûr) si fluide, si passionnante.
Je vais très rapidement lire la suite "The Corner" qui a directement inspiré la série The Wire orienté sur les trafiquants et la vie dans les quartiers déshérités de Baltimore (l'autre côté du miroir) dont j'ai l'impression que seul le premier tome a été traduit en France (si vous en savez plus envoyez moi un petit message!).

Quelques extraits tirés de la version Poche qui m'ont beaucoup marqué (ou fait rire):

Page 52

Une affaire prioritaire peut signifier des journées de vingt heures émaillées de rapports constants à l'intention de la hiérarchie tout entière; elle peut se traduire par un détachement spécial, avec des inspecteurs retirés de la rotation régulière, ce qui revient à laisser dormir indéfiniment les autres enquêtes. SI ces efforts aboutissent à une arrestation, l'inspecteur, son sergent et le lieutenant de son unité peuvent dormir sur leurs deux oreilles jusqu'à la prochaine fois, sachant que le capitaine ne va pas se faire harceler par le colonel, qui n'a plus peur de s’aliéner le sous-préfet, qui est à ce moment même au téléphone avec l'Hôtel de Ville en train d'assurer Sa Majesté que tout va pour le mieux dans la ville portuaire. Mais une affaire prioritaire qui résiste à l'enquête crée la dynamique inverse: les colonels tombent à bras raccourcis sur les majors qui s'en prennent aux capitaines au point que l'inspecteur et le sergent de son équipe se couvrent à l'aide de notes de service expliquant pourquoi un individu que le colonel considère comme suspect n'a jamais été questionné plus avant au sujet d'une déposition incohérente, ou pourquoi un tuyau de tel indic décérébré n'a pas été pris en compte, ou pourquoi on n'a pas ordonné aux techniciens de poudrer leurs propres trous du cul des fois qu'il y aurait dessus des empreintes digitales.
Un homme de la brigade criminelle survit en apprenant à lire dans les voies hiérarchiques comme un romanichel dans les feuilles de thé. Lorsque les huiles posent des questions, il se rend indispensable en apportant des réponses. Lorsqu'ils cherchent une raison de coincer quelqu'un, il monte un rapport si carré qu'ils vont penser qu'il dort avec un exemplaire du manuel de la police. Et quand ils sont simplement à la recherche d'un bout de viande à épingler au mur, il apprend à se rendre invisible. Si un inspecteur possède suffisamment de parades pour tenir debout après la sporadique affaire prioritaire, le service lui reconnaît un peu de matière grise et lui fiche la paix, de sorte qu'il peut retourner répondre au téléphone et examiner des corps.
Et il y 'a de quoi faire, à commencer par les corps matraqués au gourdin et à la batte de baseball, ou ravagés à coups de démonte-pneu et de parpaing. Les corps avec les plaies béantes occasionnées par des couteaux à découper ou des coups de carabine tirés de si près que la bourre de la cartouche est logée au fond de la blessure. Les corps dans les cages d'escaliers des cités, la seringue hypodermique toujours plantée dans l'avant-bras et ce calme navrant dans les yeux, les corps repêchés dans le port, des crabes bleus accrochés aux mains et aux pieds. Les corps dans les caves, les corps dans les ruelles, les corps sur des civières derrière un rideau bleu aux urgences du CHU, avec des tubes et des cathéters dépassant toujours de leurs organes, comme dans une parodie des meilleurs atouts de la médecine. Les corps et les morceaux de corps qui sont tombés des balcons, des toits, des grues de la gare maritime. Les corps écrasés par de lourdes machines, asphyxiés par le monoxyde de carbone ou suspendus au plafond d'une cellule de détention provisoire du commissariat du Centrale par une paire de chaussettes en éponge. Les corps sur le matelas d'un berceau, entourés d'animaux en peluche, les corps minuscules dans les bras de mères éplorées qui ne peuvent pas comprendre qu'il n'y a pas de raison, le bébé a simplement arrêté de respirer.
En hiver l'inspecteur les pieds dans l'eau et la cendre, renifle cette odeur caractéristique tandis que les pompiers dégagent des décombres des corps d'enfants abandonnés dans une chambre dont le radiateur a provoqué un court-circuit. En été, au deuxième étage d'un immeuble, dans un appartement sans fenêtre, mal ventilé, il regarde les assistants du légiste bouger l'épave enflée d'un retraité de 86 ans qui est mort dans son lit et y est resté jusqu'à ce que les voisins ne puissent plus supporter l'odeur. Il recule d'un pas lorsqu'ils roulent le pauvre bougre sur lui-même, sachant que le buste est près d'éclater comme un fruit trop mûr et sachant, également que la puanteur va rester imprégnée dans les fibres de ses vêtements et les poils de son nez pour le reste de la journée. Il voit les noyades qui suivent les premières belles journées de printemps et les victimes par balle de stupides rixes de bars qui sont un rite des premières chaleurs de juillet. AU début de l'automne, quand les feuilles commencent à changer de couleur et que les écoles ouvrent leurs portes, il passe quelques jours dans le Southwesternn, à Lake Clifton, ou dans un autre lycée où des petits prodiges de 17 ans viennent en classe avec un calibre 357 chargé et terminent la journée en arrachant d'un coup de feu les doigts d'un camarade dans le parking de l'établissement. Et les matins privilégiés, tout au long de l'année, il se tient près de la porte d'une salle carrelée au sous-sol d'un immeuble de bureaux de l'Etat, au croisement de Penn et de Lombard, à regarder des légistes chevronnés désassembler les morts.
Pour chaque corps, il donne ce qu'il peut se permettre de donner et pas plus. Il mesure soigneusement la quantité d'énergie et d'émotion requise, classe l'affaire et passe à l'appel suivant. Et après des années d'appels de corps, de scènes de crime et d'interrogatoire, un bon inspecteur répond toujours au téléphone avec la même croyance obstinée, indéfectible, que s'il fait son boulot, il est possible de connaître la vérité.
Un bon inspecteur ne lâche pas.



Page 96

La règle n°2 du guide de la Criminelle : La victime se fait tuer une seule fois, mais une scène de crime peut être assassinée un millier de fois


Page 217

Le mépris témoigné aux hommes du 702 Newington vient de plus profond, et il semble insister sur une norme, dire que certains hommes sont pauvres et certains hommes sont criminels, mais que, même dans le pire taudis d'Amérique, il existe des abîmes reconnaissables au-delà desquels aucun être humain ne devrait jamais tomber. Pour un inspecteur de la brigade criminelle de Baltimore, il ne se passe pas deux jours sans une virée dans quelques tas de briques de quatre mètres sur quatre où aucun honnête contribuable ne mettra plus jamais le pied. Les cloisons seront pourries et tachées, le plancher gauchi et fendu, la cuisine pleine de cafards qui ne prennent même plus la peine de se planquer de la lumière électrique. Et pourtant, le plus souvent la privation s'accompagne de petits symboles d'humanité, d'ne lutte aussi ancienne que le ghetto lui-même: des Polaroïd montrant un petit garçon en costume d'Halloween punaisés au mur d'une chambre; un collage fait par un enfant pour sa mère à la Saint-Valentin; des menus de la cantine sur le frigo archaïque; des photos d'une douzaine de petits enfants réunis dans un seul cadre; une housse de plastique sur le nouveau canapé du salon, planté au milieu d'une pièce pleine de détritus; l'affiche, omniprésente, de La Cène ou le Christ avec une auréole; ou le portrait retouché de Martin Luther King Jr, sur carton, sur papier, sur velours noir même, les yeux levés au ciel, la tête couronnée d'extraits du discours de la Marche vers Washington. Ce sont des maisons où une mère descend encore pleurer sur le perron lorsque le fourgon de la police se garde, où les inspecteurs ont la présence d'esprit d'employer des formules de politesse, où les flics demandent au gamin si les menottes sont trop serrées et posent une main protectrice sur sa tête quand il s'engouffre à l'arrière du fourgon.
Mais dans un des pavillons de Newington Avenue, deux douzaines d'êtres humains ont appris à laisser la nourriture là où elle tombe, à entasser indifféremment vêtements et couches sales dans un coin de leur chambre, à observer une étrange immobilité lorsque des parasites rampent sur les draps, à vider une bouteille de Mad Dog ou de T-Bird puis à pisser son contenu dans un seau au bord du lit, à considérer une bombe de détergent et un sac plastique comme la distraction de la soirée. Les historiens écrivent que lorsque les victimes de holocauste nazi ont appris que les armées alliées étaient à quelques kilomètres, prêtes à libérer les camps, certaines se sont remises à frotter et à balayer les baraquements pour montrer au monde que des êtres humains vivaient là. Mais sur Newington Avenue, tous les Rubicon de l'existence humaine ont été franchis. La lutte elle-même a été tournée en dérision, et la reddition inconditionnelle d'une génération pèse violemment sur la suivante.

Pour les inspecteurs qui arpentent le pavillon, le mépris et même la rage sont les seules émotions naturelles. OU du moins c'est ce qu'ils croient jusqu'au petit matin;là un garçon de 10 ans en jean et en sweat des Orioles taché émerge de la gramme d'humanité au centre de la pièce pour tirer sur la manche du manteau d'Eddie Brown; il demande la permission d'aller chercher quelque chose dans sa chambre.

"De quoi t'as besoin?

- Mes devoirs."

Brown hésite incrédule.

"Tes devoirs?

- Ils sont dans ma chambre.
- C'est laquelle?
- Celle du milieu, en haut.
- De quoi t'as besoin? Je vais te l'apporter.
- De mon cahier d'exercices et de quelques papiers, mais je ne sais plus où je les ai laissés." 
Et Brown suit dont le garçon dans la plus grande chambre du premier étage et le regarde prendre un livre de lecture de CE2 et un cahier d'exercices sur la table encombrée.
"C'est quoi comme devoirs?
- De l'orthographe.
- De l'orthographe?
- Oui.
- T'es bon en orthographe?
- Pas mauvais."
Ils redescendent et le gamin disparaît dans la masse étouffante de la pièce principale. Eddie Brown regarde la porte comme si c’était l'autre bout d'un long tunnel. 
"Ma parole, fait-il en allumant une cigarette. Je deviens trop vieux pour ça."


Page 341

Parfois la tromperie va trop loin, ou du moins c'est ce qu'il semble à quelqu'un qui n'est pas familier de la procédure. Il n'y a pas longtemps, plusieurs inspecteurs chevronnés de la brigade criminelle de Detroit se sont fait publiquement réprimander et punir par leurs supérieurs pour s'être servis de la photocopieuse du commissariat en guise de détecteur de mensonge. Apparemment, lorsque la véracité d'une déclaration leur paraissait douteuse, il leur arrivait de se rendre dans la salle de photocopieuse et de charger trois feuilles de papier dans le compartiment.
"Vérité" disait la première.
"Vérité" disait la seconde.
"Mensonge" disait la troisième.
Puis le suspect était conduit dans la pièce et se voyait demander de poser sa main sur le flanc de la machine. Les inspecteurs demandaient le nom de l'homme, écoutaient la réponse et appuyaient sur le bouton "copie". 
Vérité
Et où habitez vous?
Vérité encore.
Et est-ce que vous avez ou non tué Tater, abattu comme un chien dans le bloc 1200 de North Durham Street?
Mensonge. Voyez-vous ça petit salopard de menteur.
A Baltimore, quand les inspecteurs de la Criminelle lisent les articles sur la controverse de Detroit, ils se demandent où est le problème. Le coup de la photocopieuse n'est pas nouveau; il a été tenté en plus d'une occasion sur celle du cinquième étage. Gene Constantine, un ancien de l'équipe de Stanton, a une fois fait passer à un prodige de stupidité le test de coordination destiné aux conducteurs ivres ("Suivez mon doigt avec les yeux, mais sans bouger la tête... Maintenant tenez vous sur un pied") puis a déclaré bruyamment que les résultats trahissaient un mensonge indéniable.
"Vous avez loupé le test, lui a dit Constantine. Vous mentez".
Convaincu, le suspect a avoué.



Page 376

"C'était juste un exemple typique de la règle n°5 dans le guide de la Criminelle, qui s'énonce comme suit:
Être bon c'est bien; avoir de la chance, c'est mieux."


Page 412

"[...] règle n°6 du guide de la Criminelle [...] :
Lorsqu'un suspect est identifié sur-le-champ dans une affaire d'agression, la victime est certaine de survivre. Lorsque aucun suspect n'a été identifié, la victime est sûre d'y passer."


Page 475

""Mademoiselle, j'étais l'un des enquêteurs sur l'affaire et je me demandais ce qui s'était passé avec le jury."
Elle hoche la tête 
"Je peux vous parler deux minutes?"
Elle accepte à contre cœur.
"J'étais l'enquêteur principal, explique McLarnay, un peu gêné par la fébrilité qu'il est incapable de dissimuler. Qu'est ce qui vous a bloqués pendant si longtemps?"
La ville secoue la tête.
"Il y en avait beaucoup qui n'en avaient rien à faire. Mais alors rien du tout. C'était insensé.
- Ils n'en avaient rien à faire?
- Rien du tout.
- Mais rien à faire de quoi?
- De toute l'affaire. Ils s'en moquaient complètement."
McLarnay était interloqué. Bombardant la jeune fille de questions, il commence à retracer huit heures d'un débat plein de rancœur au cours duquel la race et l'indifférence ont joué les rôles principaux.
La jeune fille explique que deux sur trois jurés blancs ont pris dès le début fait et cause pour les circonstances aggravantes, tandis que deux des jurées noires les plus jeunes militaient pour l'acquittement, prétendant que la police avait forcé tous les témoins à monter à la barre dans le seul but d'inculper quelqu'un - n'importe qui - d'avoir tiré sur un policier blanc. C'est pour ça que toute la police était dans la salle, avaient-elles expliqué. [...]
La jeune fille se souvient qu'une des jeunes jurées noires a déclaré à un moment donné qu'elle n'aimait pas les flics, sur quoi une autre lui a demandé ce que ça pouvait changer à l'affaire. Je ne les aime pas, c'est tout, a répliqué la première, ajoutant que quiconque vivait dans son quartier ne pouvait pas les aimer.

Les huit autres jurés n'exprimaient guère d'opinion, sauf pour dire qu'ils voteraient selon le consensus. On était vendredi, faisaient-ils remarquer, et c'était le début du weekend de Memorial Day. Ils voulaient rentrer chez eux.

McLarnay n'en revient pas.

"Et qu'est ce qui vous a décidé finalement?

- Il n'était pas question que je change d'avis, et cette autre femme celle qui était sur la rangée de derrière, il n'était pas non plus question qu'elle cède. Elle était pour les circonstances aggravantes depuis le tout début, elle aussi. Au bout d'un moment, je crois que tout le monde voulait rentrer à la maison."
McLarnay secoue la tête incrédule. Il est flic depuis assez longtemps pour savoir qu'il n'existe pas de jurys compréhensifs, mais là, c'est un peu trop pour lui. L'homme qui a essayé de tuer Gene Cassidy a reçu le bon verdict pour les mauvaises raisons.
La fille semble lire ses pensées.
"Je vous le jure, si c'est comme ça que fonctionne le système, très peu pour moi."


Page 488
"La règle n°8 du guide la Criminelle:
En tout les cas, lorsqu'il n'y a pas de suspect manifeste, le labo n'apportera jamais de preuves concluantes. Dans le cas où un suspect a déjà avoué et été identifié par au moins deux témoins oculaires, les experts vous confirmeront la correspondance des empreintes, des fibres des groupes sanguins et des balles.


Page 538
"Mettez ça sur le compte de la chaleur, car quoi d'autre pour expliquer les montagnes russes de cette nuit d'août où Harry Edgerton prend un appel d'un jeune flic du Southwest demandant une équipe sur une mort non expliquée, l'écoute une minute ou deux, puis déclare à son interlocuteur qu'il n'a pas le temps de se rendre sur les lieux.
"Ecoutez, on est un peu occupés, là, dit-il, coinçant le téléphone entre son épaule et sa joue. Pourquoi vous balancez pas le corps à l'arrière de votre voiture? Vous la ramenez direct au QG, qu'on y jette un coup d’œil?
- OK", fait le jeune.
Il raccroche.

"Oh merde, fait Edgerton, feuilletant fébrilement le répertoire pour trouver le numéro de l'aiguilleur du Southwest. Il a cru que j'étais sérieux, ce con."


Page 805

Même le meilleur flic blanc ressent cette distance lorsqu'il travaille avec des victimes noires et des suspects noirs; pour lui ceux-ci appartiennent à un autre monde, comme si leur tragédie était le résultat d'une pathologie du ghetto contre laquelle il est pleinement immunisé. Dans la mesure où il travaille dans une ville où près de 90% des meurtres sont commis par des Noirs sur des Noirs, un inspecteur blanc comprendra peut-être la nature de la tragédie d'une victime noire, il fera peut-être bien attention à faire la différence entre les bons, qu'il faut venger, et les mauvais, qu'il faut traquer. Mais au bout du compte, il ne réagira jamais avec la même intensité; ses victimes les plus innocentes suscitent chez lui de l'empathie, pas un crève-cœur; ses suspects les plus impitoyables provoquent du mépris, pas de la rage. Edgerton en revanche, n'est pas encombré par de telles distinctions. Eugene peut être complètement réel pour lui, de même qu'Andrea Perry peut l'être; sa rage face au crime peut être personnelle.
[...] pour être un inspecteur noir à la brigade criminelle, il faut posséder un sens tout particulier de l'équilibre, être prêt à supporter les excès de nombreux collègues blancs, à ignorer les jugements cyniques et l'humour mordant d'hommes pour lesquels la violence des Noirs contre les Noirs représente un ordre naturel. Pour eux, la classe moyenne noire n'est qu'un mythe. Ils en ont entendu parler, ils ont lu des articles dans les journaux, mais au diable s'ils peuvent la trouver dans la ville de Baltimore. Edgerton, Requer, Eddie Brown: ils sont noirs, ils appartiennent fondamentalement à la classe moyenne, mais ils ne prouvent rien. Ce sont des flics, et par conséquent, qu'ils le sachent ou non, ce sont tous des Irlandais honoraires. Cette logique permet au même inspecteur qui sera parfaitement à l'aise pour faire équipe avec Eddie Brown de foncer sur l'ordinateur de la police pour vérifier les antécédents de la famille noire qui s'est installée à côté de chez lui.
Le préjugé est profondément enraciné. Il suffit d'écouter l'analyse scientifique que fait dans le foyer un vieil inspecteur blanc sur la forme de la tête des lascars noirs : " ... Ceux qui ont la tête allongée, c'est des tueurs froids, des mecs dangereux. Mais ceux qu'ont une tête en forme de cacahuètes, c'est juste des petits dealers et des voleurs de poules. Et ceux qui sont super cambrés, en général..."

Fessenheim visible/invisible

Sylvestre Huet & Eric Dexheimer



Le sujet

Le photographe Sylvestre Huet nous emmène dans les entrailles de la centrale nucléaire de Fessenheim (à l'exception bien sûr de la cuve qui n'est pas accessible lorsque la centrale est en fonctionnement). De belles photos en noir et blanc nous font découvrir l'intérieur de ces centrales si indispensables pour notre confort et pourtant tellement décriées par notre opinion publique.
Le journaliste scientifique Eric Dexheimer introduit le livre avec des clés de compréhension historiques et politiques autour de la question du nucléaire en France

Mon avis

J'ai aimé... assez

Je souhaite tout d'abord remercier Babelio et les éditions Loco de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage.
Je suis très familière du monde du nucléaire et particulièrement sensible et consciente de l'importance de cette énergie pour le confort des français et surtout pour la lutte contre le réchauffement climatique.
J'ai apprécié ce livre qui nous montre l'envers du décors, tout ce qu'on ne voit pas au sein du grand public. Des photos insolites du quotidien de cette vieille dame, plus vieille centrale française encore en fonctionnement. Je dois tout de même admettre que je n'ai pas trouvé d'intérêt à toutes les photos. Certaines sont prises sous un angle qui ne m'a pas permis d'apprécier ou même de comprendre ce qu'on y voyait (peut être photos trop artistiques pour moi justement...).
Quant au long texte introductif (qui aborde globalement la question : l'autorité de sûreté nucléaire, la question politique, la sûreté nucléaire, les déchets, l'économie de l'énergie...) je l'ai trouvé d'une grande qualité. Pas de parti pris, mais un texte factuel sur ce que représente le nucléaire aujourd'hui, que l'on soit pour contre cette source d'énergie. 

mardi 7 mars 2017

Un rôle qui me convient

Richard Russo



Le sujet

William H. Devereaux Jr. est doyen du département des Lettres dans une médiocre université de Pennsylvanie. Pas vraiment apprécié par les professeurs de son université dont il essaie tant bien que mal de se faire virer (le poste de doyen lui ayant été offert sans lui demander son avis et étant censé être uniquement temporaire... depuis quelques années déjà) il doit affronter la volonté de la direction de licencier une partie des enseignants.

Mon avis

J'ai aimé... beaucoup, adoré!

Officiel, Richard Russo passe dans mes auteurs favoris.
Là vraiment je m'incline.
C'est tellement rare que je trouve un livre qui me fasse rire. Je crois que ce n'était pas arrivé depuis Bridget Jones 2.
Ce livre est vraiment réjouissant, le personnage principal a une répartie incroyable (que j'aimerais tellement avoir!) et provoque des situations improbables mais tellement drôles. Et bien qu'au début il m'énerve assez, il devient très attachant!
Le personnage principal est un homme censé, bourré d'humour, et qui a tout a fait conscience de la médiocrité dans laquelle il se trouve. Je pense que ce livre est avant tout une critique du système éducatif américain, avec des universités médiocres remplies d'enseignants ayant un jour écrit une thèse tombée aux oubliettes (pas sûr que ce soit mieux en France mais c'est un autre débat!). Et on en rit...
L'auteur est vraiment sous-estimé en France, pratiquement méconnu, et pourtant...
J'ai lu 3 de ses ouvrages, celui-ci drôle et prenant, "un homme presque parfait" pas particulièrement drôle, sans grande histoire mais pourtant très prenant également, et son chef d'oeuvre "le déclin de l'Empire Whiting", vraie merveille (prix pullitzer d'ailleurs).
Je vous le recommande vraiment chaudement.


Extrait

Je rappelai à Lily que Rourke me détestait bien avant que je lui refuse un terrain, que sa haine pour moi était prédéterminée, qu'il est après tout un rationaliste aliéné, que son domaine de référence (la poésie anglais du XVIIIe siècle) est le plus ennuyeux de l'histoire de la littérature, que c'est un catholique apostasié et un séminariste raté, qu'il est incapable d'évacuer la vieille théologie qu'il méprise aujourd'hui, et qu'il est constipé comme un jésuite. Si je l'avais laissé s'établir à côté, notre promiscuité lui aurait fourni des dizaines d'autres raisons de me haïr. Libre d'épier mes allées et venues, il aurait même été capable cette fois de trouver le moyen de m'assassiner et de maquiller la chose en accident. Alors que maintenant, s'il se mettait en tête de me tuer, il lui faudrait traverser la rue, passer devant la maison de l'ex-femme de Jacob Rose, devant celle de l'ex-femme de l'entraîneur de football, et devant celles d'autres ex-femmes de mes connaissances. Je considère toutes ces ex-femmes comme mon ultime ligne de défense.

dimanche 19 février 2017

Le grand combat

Ta-Nehisi Coates



Le sujet (éditeur)

«Je me réveillais enfin, avide de comprendre.» À West Baltimore dans les années 1980, les gangs et le crack sont le seul horizon des gosses du quartier. Ta-Nehisi est voué lui aussi à devenir un bad boy. Mais son père Paul, ancien Black Panther passionné de littérature, lui fait découvrir Malcolm X et James Baldwin. C'est une révélation. L'adolescent rêveur, égaré dans les frasques d'une famille hors norme, se jure d'échapper à son destin.Épopée lyrique aux accents hip-hop, portée par l'amour et l'ambition, Le Grand Combat est l'histoire magnifique d'un éveil au monde, un formidable message d'espoir.

Mon avis

J'ai aimé... assez

Je souhaite tout d'abord remercier Babelio et les éditions Autrement de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage.
J'ai beaucoup entendu parlé de cet auteur après son premier livre "une colère noire" que je n'ai pas encore lu et je me suis donc réjouis de commencer la découverte avec son autobiographie.
Ta-Nehisi nous raconte son enfance à West Baltimore, entouré de sa mère, son père et ses demi-frères/sœurs, au milieu des gangs et des trafics de drogue. L'avenir de ce jeune garçon normal (quoique réticent face à la violence, c'est déjà une sacré différence avec ses copains) semble tout tracé : lâcher l'école, trafic de drogue, prison, assassiné dans un règlement de compte. Mais c'est sans compter sur sa mère, femme éduquée qui se battra pour l'éloigner de la rue, et de son père, ancien Black Panthers amoureux des livres qui lui fera découvrir de nombreux auteurs noirs.
On l'accompagne dans son éducation, ses ratés (il parvient à intégrer l'école Polytechnique de Baltimore, le meilleur collège/lycée mais s'en fera renvoyer) et finalement dans sa "révélation" suite à la lecture de certains ouvrages, sous l’œil attentif mais détaché de son père.
Je dois avouer que je ne me suis pas régalée à la lecture de ce livre. Ta-Nehisi reste un enfant qui fera des choix très agaçants, et la partie intéressante de son adolescence et de son intérêt croissant pour la littérature noire est trop tardif dans l'ouvrage à mon goût.
Cela reste cependant une lecture intéressante, mais essentiellement car je compte bien lire "une colère noire" avec l'espoir que cet ouvrage m'apportera quelques clés de compréhension supplémentaires.

dimanche 8 janvier 2017

La vie rêvée d'Enersto G.

Jean-Michel Guenassia



Le sujet



1910-2010. Prague, Alger, Paris. Nous suivons la traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif praguois, des guinguettes de Joinville à la peste d’Alger, de la guerre à l’effondrement communiste. Ses amours, ses engagements, ses désillusions sont contés à travers les tourmentes de l’Histoire. Et surtout, la rencontre qui bouleversa sa vie, celle qu’il fit un jour de 1966 avec un révolutionnaire cubain, un certain Ernesto G., échoué dans la campagne tchèque après sa déroute africaine.



Mon avis

J'ai aimé... beaucoup

Encore un beau voyage en compagnie de JM. Guenassia, cette fois entre l'Algérie, la France et la Tchécoslovaquie. 
Joseph Kaplan est un personnage extraordinaire, que l'on suit du début de sa carrière en Algérie où il sera sauvé des Nazis grâce à la bienveillance de son directeur jusqu'à la fin de sa vie à Prague qu'il aura rejoint après la guerre dans l'espoir de construire un Etat libre et égalitaire avant de déchanter face à l'horreur de la réalité du communisme.
Les trois premiers quarts du livre sont passionnants et se dévorent. Mais le dernier quart que je ne dévoilerai pas, et dans lequel on comprend enfin le titre, n'est pas d'un grand intérêt de mon point de vue. J'ai trouvé que Guenassia s'était un peu égaré avec cette histoire autour d'Enersto G. et ne présentait pas grand intérêt dans ce beau roman, aventure d'une vie rêvée...

Un homme presque parfait

Richard Russo



Mon avis

J'ai aimé... beaucoup

Contrairement au synopsis du livre, Sully n'est pas un homme malchanceux! C'est un pauvre mec, qui n'a jamais fait beaucoup d'efforts pour quoique ce soit, et qui manque de bon sens dans de très nombreuses situations.
Un homme quoi!!
Richard Russo nous plonge une fois de plus au centre d'une petite ville des Etats Unis, sans grande histoire, sans beaucoup de rebondissements, où l'on suit un personnage normal, voire moyen, mais tout ce qu'il y a de plus humain avec ses qualités et ses défauts dans ce qui sera un tournant de sa vie.
Et pourtant... j'adore!
J'adore ce livre comme j'avais déjà adoré le roman "Le déclin de l'empire Whiting" pour lequel Russo a reçu le prix Pullitzer. L'auteur a le don de nous emmener au cœur des Etats Unis, dans une critique de l'Amérique moyenne, à la façon de Jonathan Franzen dans Les Corrections.
J'ai très hâte de lire son dernier roman pas encore sorti en France "Everybody's fool, a novel" qui reprend les personnages de "Un homme presque parfait", ainsi que son autre livre "Un rôle qui me convient" qui à priori est un de ses meilleurs.
RIchard Russo rentre définitivement dans mes auteurs américains favoris au côté de Franzen notamment.

Bridget Jones Baby le journal

Helen Fielding



Le sujet

Bridget est ENFIN de retour, cette fois Mark n'est plus mort (alleluia!!!), et elle est enceinte...
Petit roman autour de la découverte de sa grossesse (qui prendra un peu de temps), puis de la tentative de détermination du père (qui de Mark Darcy ou de Daniel Cliver?) et du déroulement de sa grossesse.

Mon avis

J'ai aimé... assez

Je suis une fan de Bridget depuis mon adolescence, et j'avais donc pré-commandé ce livre en VO afin de le lire dès sa sortie, car la sortie française était trop tardive, je ne pouvais pas attendre!!
Contrairement au livre précédent que je n'avais pas du tout apprécié (pauvre Mark, je ne m'en suis pas encore remise!), celui-ci m'a mis en joie. Lu en l'espace d'une journée sur un aller-retour Lyon-Marseille (avec quelques siestes au milieu, c'est dire si le livre est court...), je n'ai pas beaucoup rigolé mais beaucoup souri. Bridget est égale à elle même, de même que Daniel et Mark.
Je recommande ce petit livre aux fans de Bridget tels que moi.
J'ai également vu le film, qui prend de nombreuses libertés par rapport au livre, et je l'ai également trouvé très plaisant.

Le ravissement des innoncents

Taiye Selasi



Le sujet (éditeur)

C’est l’histoire d’une famille, des ruptures et déchirements qui se produisent en son sein, et des efforts déployés par chacun pour œuvrer à la réconciliation. En une soirée, la vie de la famille Sai s’écroule : Kweku, le père, un chirurgien ghanéen très respecté aux États-Unis, subit une injustice professionnelle criante. Ne pouvant assumer cette humiliation, il abandonne Folá et leurs quatre enfants. Jusqu’à l'irruption d’un nouveau drame qui les oblige tous à se remettre en question.

Mon avis

J'ai aimé... bof

J'avais absolument adoré "Americanah" de Chimanda Ngozie Adichie qui fut un gros coup de cœur et depuis je rêve de retrouver un livre comme celui là, qui m'emmène de l'Afrique aux Etats Unis avec une belle success story à l'américaine qui ne soit pas niaise (amis lecteurs aidez moi si vous avez des suggestions!), et j'ai donc demandé au service Kube que je testais pour la première fois de m'aider à retrouver ce bonheur de lecture.
J'ai reçu ce livre, que j'avais déjà repéré sur goodreads et babelio justement pour sa proximité supposée avec Americanah.

Je l'avais écarté car les notes des lecteurs n'étaient pas excellentes, j'avais peur d'être déçue.
Et bien ça n'a pas loupé.

Ça commençait pourtant bien!! L'histoire est bonne. Mais l'écriture ne m'a pas du tout plu, un style trop forcé qui manque de simplicité. Une lecture donc assez difficile qui se termine avec l'histoire cachée entre les jumeaux et alors là... trop c'est trop. Franchement quel était l'intérêt d'ajouter cette scène au roman si ce n'est pas pour rajouter du pathos?
Cela étant dit, je garderai un œil sur cette auteur car en dehors du style à alléger et de cette scène ratée, il y a effectivement un très grand potentiel.
A suivre donc...

Le bal mécanique

Yannick Grannec



Le sujet (éditeur)

Un soir de 1929, la prestigieuse école du Bauhaus, à Dessau, a donné un bal costumé. C’était avant que les nazis ne dévorent l’Europe, c’était un temps où l’on pouvait encore croire au progrès, à l’Art et au sens de l’Histoire.
Pendant ce bal, une jeune femme, Magda, a dansé, bu et aimé.

Quel rapport avec Josh Shors, animateur à Chicago d’une émission de téléréalité dont le succès tapageur mêle décoration d’intérieur et thérapie familiale ? Quel rapport avec son père, Carl, peintre oublié qui finit sa vie à Saint-Paul-de-Vence, hanté par les fantômes de la guerre de Corée et les mensonges d’une enfance déracinée ? Quel rapport avec Cornelius Gurlitt, cet homme discret chez qui on a découvert en 2012 la plus grande collection d’art spoliée par le IIIe Reich ? Quel rapport avec le marchant d’art Theodor Grenzberg, qui poursuit sa femme, Luise, dans la folle nuit berlinoise ? Quel rapport avec Gropius, Klee, Rothko, Marx, Scriabine, l’obsession de la résilience et Ikea ?

Mon avis

J'ai aimé... assez

J'ai apprécié la lecture de ce second roman de Yannick Grannec, dont j'avais absolument adoré le précédent livre "La déesse des petites victoires". Étonnamment, moi qui ne regarde pas du tout la télé réalité, lors de la lecture du livre, j'ai préféré la première partie dédiée à Josh Shors et à son émission de tv réalité, plutôt que la seconde partie dédiée aux artistes du début du siècle. Quelques mois après avoir terminé le livre, je me rends cependant compte que c'est cette seconde partie qui m'a le plus marqué, avec la vie au sein du Bauhaus et parmi les artistes du début du 20e siècle. Je suis amatrice d'art, de Klee, Rothko, et du style Bauhaus de manière générale, et j'ai trouvé très sympathique ce moment à leur côté. Cela étant dit, la lecture m'a paru un peu longue, et je n'ai toujours pas vraiment compris l'intérêt de la première partie sur la tv réalité vis à vis de la seconde partie (même si je l'ai apprécié!)...