mercredi 7 novembre 2012

10ème livre du challenge ABC... Fondation

Fondation

Isaac Asimov


Le Sujet (éditeur)

En ce début de treizième millénaire, l'Empire n'a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la galaxie. C'est dans sa capitale, Trantor, que l'éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l'avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l'effondrement de l'Empire d'ici cinq siècles, suivi d'une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans et peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs...

Mon impression

J'aime... passionnément
Génial!!

Mon premier livre de science fiction depuis bien longtemps. et quel livre!

Ce qui m'a le plus frappé, c'est l'actualité des sujets traités dans ce livre, le pouvoir de la religion pour maitriser le peuple, la puissance de l'énergie nucléaire, la vision antimilitariste qui s'oppose à la vision guerrière.

Une pépite. Je comprend à présent le succès toujours aussi grand de ce livre.

samedi 27 octobre 2012

Quai d'Orsay

Quai d'Orsay Tome 2


Christophe Blain & Abel Lanzac



Le Sujet (éditeur)

Arthur Vlaminck, le conseiller du ministre des Affaires étrangères en charge du langage, doit préparer les nouveaux discours du ministre. La crise du Lousdem est au coeur des préoccupations : les Américains menacent de déclencher une guerre à laquelle s'opposerait le gouvernement français. Le minisitre Taillard de Worms, s'apprête justement à prendre la parole à ce sujet au siège de l'ONU, à New York. Mais toute cette agitation ne semble guère perturber un nouveau hôte du Quai d'Orsay : un chat qui s'est pris d'affection pour le directeur de cabinet!

Mon impression

J'aime... passionnément
Génial! J'avais déjà un excellent souvenir du premier tome, et ce deuxième tome est encore plus amusant. Je l'ai lu en un peu plus d'une heure et j'ai beaucoup ri!

A lire de toute urgence.

Le Joueur d'échecs

Le Joueur d'échecs

Stefan Zweig

Le Sujet

Dans un premier temps, ce petit roman nous raconte l'histoire d'un jeune homme que l'on pourrait qualifier "d'idiot du village", Csentovic, qui se trouve en fait être un génie du jeu d'échecs, et qui devient rapidement un des meilleurs joueurs mondiaux.

J'ai donc cru que "Le joueur d'échecs" du titre de l'oeuvre était ce Csentovic...

Et en avançant dans le livre, on réalise qu'en fait ce Joueur d'échecs n'est pas Csentovic mais un certain Monsieur B. qui nous raconte comment, sous la surveillance de SS Nazi pendant des mois, seul avec lui même et séquestré dans une pièce vide de toute occupation, il avait appris à jouer aux échecs dans sa tête afin d'échapper à la pression psychologique de ses bourreaux.

Mon Impression

J'aime... passionnément

Ce petit roman est une petite merveille.

C'est mon deuxième roman de S. Zweig et je ne vais pas m'arrêter là!

L'histoire de Monsieur B. qui à mon sens est l'histoire principale du roman est effrayante et très touchante. La seule façon pour lui d'échapper à la guerre psychologique imposée par ses bourreaux était d'apprendre les échecs et d'y jouer seul dans sa tête... Au point de basculer dans folie...

Ce livre est magnifique, une pépite de plus dans ma bibliothèque.

Le nouvel ordre sexuel

Le nouvel ordre sexuel

Serge Hefez

Le sujet (éditeur)

Dans ce monde où tout change si vite, l'éternelle opposition entre hommes et femmes fait de la résistance. Pourquoi la question des relations homme/femme suscite-t-elle toujours autant de débats passionnés, aussi bien en privé – dans les familles, dès qu’on aborde l’éducation des enfants, la répartition des tâches ménagères – qu’au travail ou sur la scène publique – à l’Assemblée ou dans les médias quand il est fait débat sur la place des femmes aux postes de décision, l’égalité des salaires, la parité ? Pourquoi leur évolution, qui semble pourtant inévitable, provoque-t-elle tant de remous y compris dans les rangs des plus progressistes ? Comment expliquer que l’on puisse être à la fois pour le mariage homosexuel et hostile s’il concerne l’un de nos enfants ? Deux sexes, mais combien de genres ? Le genre est-il une construction sociale ou une donnée de la nature ? Peut-on remettre en cause un ordre établi depuis si longtemps ?

Au bout du compte, qu’est-ce qu’une femme, qu’est-ce qu’un homme, et quel est le rôle de chacun ?

Mon impression

Je n'ai pas accroché

Tout d'abord je souhaite remercier Babelio et leur édition Masse Critique ainsi que l'éditeur Kero de m'avoir proposé la lecture de cet ouvrage.

J'apprécie beaucoup Serge Heffez que j'écoute tous les mercredi en tant que "psys du mercredi" dans l'émission Service Public de Guillaume Erner sur France Inter.

Je me réjouissais donc de la réception de ce livre que j'étais impatiente de lire, d'autant que je suis une militante sur l'égalité des sexes au sein de mon entreprise : le sujet de ce livre m'intéresse donc tout particulièrement.

A ma grande déception, je n'ai pas apprécié ce livre. Il m'est même (chose rare) tombé des mains à de nombreuses reprises. J'ai eu beaucoup de peine à en venir à bout...

J'ai eu le sentiment que Mr Hefez s'accroche à une seule et unique hypothèse qui est la suivante (extrait de son livre p195) :

"La manière la plus sûre que les hommes ont trouvée pour rendre leur assujettissement au ventre des femmes supportable, et pour garder la mainmise sur leurs descendance, est de les assujettir à leur tour; de les soumettre, en inversant le rapport de force et en organisant leur propre domination sur les femmes.

Ce qui fut fait, et même très bien fait, jusque dans les moindres détails : en matière de genre, toute notre structure de pensée repose sur la différence entre les femmes et les hommes, et sur la hiérarchisation de cette différence en faveur des hommes. Depuis des millénaires, les corps et les esprits sont façonnés, formatés, programmés autour de cette vérité : l'homme est puissant, la femme est faible. L'homme pénètre, la femme est pénétrée, donc l'homme est actif, la femme passive. L'homme agit, la femme subit. L'homme contrôle, la femme défaille. L'homme réfléchit, la femme pressent. L'homme recherche l'autonomie, la femme entre en relation. L'homme prend, la femme (se) donne. L'homme a besoin d'être utile, la femme d'être aimée..."

Cette hypothèse est intéressante, mais il me semble qu'elle est développée pendant ces 230 pages. Et 230 pages avec la même idée, c'est long!! On répète et répète la même chose encore et encore avec des phrases différentes.

Le style est plus ou moins toujours le même : une répétition de phrases courtes (où l'antithèse est utilisée à outrance comme dans l'extrait précédent) et de courtes questions (page 136 : "Quel femme suis-je en face de cet homme que je viens de rencontrer? Quel homme suis-je en face de ma mère? Quelle femme suis-je en face de ma fille? Quelle homme suis-je en face de ma patronne? Quelle femme suis-je face à mes fantasmes? Quel home suis-je face à mes désirs? Quel père suis-je face à mes enfants?...") au milieu d'un texte qui (je me répète) raconte toujours la même chose.

Beaucoup de choses pour finalement ne pas dire grand chose. Ce livre aurait pu faire 50 pages au lieu de 230, un court essai qui aurait pu être fort intéressant. Mais je suppose que cela se serait vendu moins cher...

Bref, vous l'aurez compris, je n'ai pas trouvé ce livre intéressant, bien que je partage tout à fait son point de vue.

L'émission de Service Public sur ce sujet, à laquelle il a d'ailleurs participé, suffit amplement sur le sujet pour connaitre son point de vue et ses arguments (qui sont malgré tout intéressants).

Funérailles célestes

Funérailles célestes

Xinran

Le sujet (éditeur)

Funérailles célestes est une histoire vraie d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kej un s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a préparée, le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui 

permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle. Mais elle aussi a changé: en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.

Mon impression

J'aime ... beaucoup
Et voilà une petite merveille de plus sur l'étagère de mes livres favoris.
Ce livre est passionnant, et magnifiquement ecrit ainsi que traduit.
Xinra, journaliste chinoise nous raconte l'histoire passionnante de cette femme qu'elle a rencontré un week-end. C'est donc l'histoire de Wen qu'elle nous narre. Elle la croise dans la rue, et la prend pour un Tibétaine. Puis elles se mettent à discuter et à son grand étonnement, Wen parle le chinois... Xinran la fera ensuite raconter en histoire. On apprend immédiatement que Wen est chinoise et que lorsque son jeune mari Kejun est d'abord envoyé puis disparaît au Tibet lors de la guerre Sino-Tibétaine, elle part à son tour au Tibet sur les traces de son époux. On connaît donc le début, ainsi que la fin de son histoire, et on savoure cette épopée qui nous fait voyager au cœur du Tibet et de sa culture.

La liste de mes envies

La liste de mes envies

Grégoire Delacourt


Le sujet (éditeur)

Jocelyne, dite Jo, rêvait d'être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras.Elle aime les jolies silhouettes mais n'a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c'est Jocelyn, dit Jo, qui s'est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l'épouse) a courbé l échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu'au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff Esthétique, 18.547.301 lui tombent dessus. Ce jour là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Mon impression

J'aime ... un peu
J'avoue ne pas bien comprendre tout l'engouement autour de ce livre.
Je l'ai trouvé certes sympathique mais je ne me suis pas du tout attachée au personnage. J'ai trouvé l'histoire un peu niaise et lente à avancer. de plus l'écriture ne m'a beaucoup plu. Beaucoup de phrases pour ne pas dire grand chose!
Bref vous l'aurez compris je ne suis pas tombée sous le charme!
Je ne ferais pas de petit résumé pour ce petit livre car l'histoire et tellement simple que je ne souhaite pas révéler quoique ce soit afin de garder le maximum de surprises...

dimanche 15 juillet 2012

Les Débutantes

Les Débutantes

J. Courtney Sullivan


Le sujet

Celia, Sally, April et Bree sont quatre jeunes filles qui se rencontrent à l'Université de Smith, université exclusivement féminine.
La première partie relate leur rencontre, leurs années d'université et leur évolution jusqu'au mariage de Sally.
La seconde partie décrit l'hitoire des quatre jeunes filles peu de temps après le mariage.

Mon impression

J'aime ... beaucoup
Un livre pour filles... Mais quel livre!

J'ai beaucoup aimé l'ambiance féminine, voir lesbien auquel je ne m'attendais pas du tout!

Cela m'a donné envie de retourner à l'université.

On suit avec grand plaisir ces quatre filles qui grandissent dans ce monde très protégé et féminin.

Ce n'est pas de la grande littérature, c'est un long roman sans prétention mais très rafraichissant. Parfait pour l'été!

L'ouvrage est divisé en plusieurs chapitres. A chaque chapitre, c'est une des quatre jeunes filles qui nous raconte son histoire et sa vision des évènements.
Pour autant, l'histoire avance, elles ne reviennent pas toutes les sur mêmes évènements.

On les voit passer de la vie d'étudiante à la vie d'adulte, d'où le titre du film d'ailleurs, le commencement... Le commencement de la vrai vie.

Car elles en sont conscientes, la vie qu'elles vivent à l'université est extraordinaire, il s'agit d'un cocon où la vie est douce : études passionnantes et enrichissantes parseumées d'amitié et d'histoires d'amour.

C'est un roman définitivement féministe. Les thèses développées sont d'aillleurs très intéressantes et m'ont beaucoup touché. Je me suis parfaitement retrouvée dans ce livre et dans les positions de April.

Nouveu portrait de la France : La société des modes de vie

Nouveau portrait de la France

Jean Viard

Le sujet (éditeur)

Jean Viard, "l'un des meilleurs connaisseurs du territoire français" selon Michel Feltin dans L'Express, dresse un portrait de la France bien différent des images courantes. La place du travail a évolué, la carte de France s'est transformée, le tri social par origine ou par âge a accéléré. Les choix de modes de vie priment de plus en plus sur les choix professionnels, les vies s'allongent et sont "discontinues", la mobilité virtuelle bouscule la mobilité physique, les extra urbains repeuplent les campagnes... Oui, la France a changé, et elle change tous les jours par une multitude de décisions 
publiques, économiques, administratives, mais aussi privées, familiales, professionnelles. Certes, tout le monde ne vit pas ces changements de la même manière, mais il nous faut renouer avec un récit commun qui dise l'individu face au monde. La France de Jean Viard est une société du bonheur
privé et du malheur public, où nous vivons une véritable dépression collective quand le politique est incapable de saisir le changement, de l'impulser, de l'accompagner. Un souffle d'air sérieux et documenté en période de crise. Salutaire.

Mon impression

J'aime ... beaucoup
Cet homme est passionnant... J'ai décidé de lire son livre après l'avoir entendu dans l'émission "La tête au carré" sur France Inter. Je l'avais trouvé amusant et passionné.

Son livre est effectivement véritablement passionnant. Jean Viard nous y livre son analyse du changement des modes de vie des français. Le pourquoi (la relation des Français avec les vacances, la météo, l'attractivité des villes, etc.) et le comment (développement du réseau TGV, autoroutes, etc.).
Il nous y révèle également sa vision du futur.

Il est tout de même à noter que son écriture n'est pas toujours ce qu'il y a de plus facile à lire...

L'interview

tirée du site Libération : http://www.liberation.fr/societe/01012392078-il-vous-reste-en-gros-400-000-heures-pour-vivre

interview réalisée par Fabrice Drouzy, et Béatrice Vallaeys

Jean Viard est un boulimique. Sociologue et directeur de recherche, il étudie les transformations de la société, l’aménagement du territoire, les questions agricoles, avec un appétit particulier pour la mobilité et les «temps sociaux». Paradoxe chez cet homme pressé , il est intarissable quand il évoque les vacances, les 35 heures, le temps libre. Ex-soixante-huitard, comme il se plaît à se définir, il vit dans le Luberon, où il a installé la maison d’édition qu’il dirige, l’Aube.

La politique est aussi sa tasse de thé. Conseiller municipal de gauche dans le quartier du Panier à Marseille, il est vice-président délégué à l’évaluation des politiques publiques communautaires à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole. Dans son dernier ouvrage, Nouveau Portrait de la France, la société des modes de vie, il examine, en se délectant de chiffres, les changements qui ont profondément modifié le pays depuis un siècle et leurs conséquences sur nos vies quotidiennes. Portrait d’un optimiste, qui dément nombre de clichés.
En tant que spécialiste de l’habitat et de l’aménagement du territoire, que pensez-vous de la récente proposition de Nicolas Sarkozy d’augmenter de 30% les possibilités de construction ?

Ce n’est pas mal. Dans l’espace pavillonnaire, la mesure permettrait de créer de la richesse pour les classes moyennes, parce que les propriétaires ont souvent des terrains trop grands à entretenir. En gros, on leur dit : vous prenez 300 mètres carrés, vous faites une petite maison et vous la louez ou vous la vendez. Donc on augmente leur revenu et potentiellement leur retraite, avec une décision administrative qui ne coûte rien à personne et qui correspond à un réel besoin. En Bretagne par exemple, on a fait des lotissements de 300 m2 avec une maison et un terrain. Et cela fonctionne très bien. Car que veulent les gens ? Un point d’eau, un chien, trois arbres, quatre tomates et manger dehors… si possible sans être vus.

La mesure a un sens dans le périurbain. Dans les villes, c’est évidemment plus discutable. Vous n’allez pas laisser ajouter deux étages dans l’immeuble en face de chez vous. C’est d’ailleurs terrible avec Sarkozy, il a l’art de prendre des mesures intelligentes qui ont été réfléchies pour un territoire, d’en faire un grand discours général et, au bout du compte, plus rien. Alors qu’en travaillant dans la dentelle, ça pourrait être intelligent.
Comment ?

Il faut densifier l’étalement urbain dans les lotissements et, en contrepartie, sacraliser les terres agricoles. La moitié de la France est à labourer. Il suffit de dire que l’on n’y touche plus. Alors qu’actuellement, on consomme un département agricole tous les dix ans. Ce n’est pas rien. Prenez autour de Roissy, il y a mille hectares de terres agricoles. Comme on s’agrandit dans cette zone, il est à parier qu’elles seront très vite construites. A côté de ça, on a des friches industrielles dont on ne fait rien, mais bien sûr, c’est un peu plus compliqué à gérer.
Revenons au sujet de votre livre, la transformation de la société.

La France est un pays extrêmement vivant, qui change à toute vitesse, comme le monde d’ailleurs. Ma génération a connu la guerre froide, le communisme en Europe, les dictatures d’Amérique latine, la colonisation, la guerre d’Algérie, maintenant on parle de réchauffement climatique, de crise des identités, de migration du sud vers le nord, alors que nos grands frères s’étaient battus pour qu’elle continue du nord vers le sud. Tout change.
A l’image de l’espérance de vie…

J’adore les chiffres. L’idée de base de ma réflexion est que la vie a augmenté de 40% en un siècle dans les pays développés. L’espérance de vie en France est de 700 000 heures. Je l’exprime en heures, pour éviter une image de l’âge. Si je vous dis «votre espérance de vie est 82 ans», vous voyez une vieille dame. Si je vous dis «700 000 heures», vous voyez une quantité. Nos enfants, surtout les filles, vivront 800 000 heures. En 1900, c’était 500 000 en moyenne.

Quand on a donné le droit à la retraite, en 1945, on a choisi 65 ans, parce que c’était l’âge où les gens mouraient. Ceux qui n’étaient pas morts - c’est une moyenne - avaient le droit de s’arrêter. Tous les autres avaient cotisé pour les survivants, ça allait… Aujourd’hui, pour arriver au même résultat, il faudrait mettre la retraite à 80 ans. On a gagné quinze ans d’espérance de vie.

En 1900, on travaillait 200 000 heures, on en dormait autant, il en restait 100 000 pour le reste : apprendre, aimer, militer, mourir… Aujourd’hui, on dort toujours 200 000 heures [mais pour une vie plus longue, ndlr], car, les nuits de sommeil sont de deux à trois heures plus courtes, notamment à cause de la télévision . De plus, la durée légale du travail en France est progressivement passée à 67 000 heures. Donc, quand vous avez fini de dormir et de travailler, il vous reste en gros 400 000 heures pour vivre. C’est fondamental. Ce temps a été multiplié par quatre en un siècle. Bien sûr, tout n’est pas parfait, il y a des écarts, mais beaucoup moins qu’avant. Reste que la société est vraiment bâtie sur deux piliers, le monde du travail et le monde du temps libre.
Et comment occupe-t-on ce temps libre ?

A peu près 80% des gens partent en vacances. La vie privée, les relations amoureuses, la sexualité ont pris une place énorme dans l’espace social. Avant, la vie populaire à la campagne était dominée par le travail. Les fêtes votives étaient toujours à la fin des récoltes et on avait grosso modo deux bals pour se trouver une fille pour la vie. Au début du siècle, on faisait 1 000 fois l’amour pour engendrer une dizaine d’enfants. Maintenant, on fait l’amour 6 000 fois pour deux enfants…

La mobilité aussi répond à ces critères : on fait, en moyenne, 45 kilomètres par jour : 15 pour se rendre au travail, 15 pour les vacances et 15 autour de chez soi - pour aller au cinéma, faire du sport, rencontrer des amis… C’est-à-dire que les deux tiers de nos déplacements sont «affectifs».

Autre changement radical. Avant, on perdait ses parents vers 40 ans, maintenant, à 63 ans. Ce qui veut dire que l’on vit avec le regard de ses parents jusqu’à la retraite. Qu’est-ce que c’est qu’être adulte dans ces conditions ? Pour la première fois, quatre générations cohabitent dans une même famille.
C’est la base de votre discours sur le «vivre ensemble».

D’abord, je crois que le lien social ne se porte pas trop mal dans notre société, contrairement à ce qu’on dit. Mais le cœur du lien social est entré dans l’espace privé. Avant, l’espace privé était une alvéole avec la vie sexuelle, l’éducation des enfants et la famille. Tout le reste, c’était l’espace public, la maison du peuple pour les uns, l’église pour les autres. Depuis quarante ans, l’allongement de la durée de vie, la diminution du temps de travail, l’agrandissement des maisons ont fait qu’on a massivement développé des relations dans l’espace privé.

On n’a jamais autant vu nos enfants, jamais autant reçu nos amis, jamais autant fait l’amour. Et pour cela, on a construit un équipement nouveau : la maison avec, pour schématiser, jardin barbecue à l’extérieur, cuisine à l’intérieur. Les gens se battent pour avoir des jardins parce que c’est là que l’on développe du lien social privé.

Du coup, cela entraîne une mutation du logement : d’un côté, le bi-logement ville-campagne. En France, il y a 3 millions de résidences secondaires occupées a minima par 4 personnes ; soit 12 millions de Français qui ont deux maisons - toutes les élites sociales sont là. De l’autre, ceux qui n’ont qu’un logement mais vivent à la campagne : ils ne bougent pas régulièrement mais créent du lien social autour de leur maison. 70 à 75% des gens sont entrés dans cette socialisation du lien privé avec, de plus en plus, l’espace virtuel qui vient renforcer ces liens - essentiellement chez les plus jeunes et les plus de 50 ans, aux deux extrémités de la chaîne.
Pas très écologique toutes ces petites maisons éparpillées dans la nature…

C’est vrai mais très vite, je pense que ces pavillons deviendront autonomes en consommation énergétique avec le solaire et le vent, et ils seront tout à fait capables de fournir de l’électricité pour la voiture. Honnêtement, je ne sais pas quel est le bon modèle, mais l’idée que le pavillon n’est pas écologique n’est pas forcément exacte. Par exemple, ces gens-là partent moins en vacances et consomment moins que d’autres. Il faut avoir une approche globale, prendre l’ensemble de nos kilomètres parcourus.

Ensuite, il faut sacraliser le terrain agricole, travailler sur une ville en archipel, avec une campagne intégrée, pensée comme un spectacle pour les habitants. C’est ce que fait Rennes et c’est très intéressant, car généralement, on considère qu’il y a, d’un côté, le rural et, de l’autre, l’urbain : deux mondes qui ne se parlent pas ; on est dans l’un ou dans l’autre. Moi, je pense au contraire qu’on est maintenant tous des urbains ; on regarde tous la même télé, les paysans font leurs courses au supermarché comme tout le monde et leurs enfants vont en ville. Mais on n’habite pas exactement au même endroit.

En fait, on a réunifié le monde vert mais avec des trajets différents : il y a les paysans, les écolos, les jardins, les chats domestiques, etc. Le grand point est : comment refaire du monde vert une seule question. L’homme est un être de nature et de culture. La ville nous a arrachés de la nature, des saisons ; on ne vit plus qu’avec des lumières artificielles.
On ne vit plus sur son lieu de travail…

Démocratie du travail contre démocratie résidentielle. On a séparé les deux. Notre démocratie est devenue résidentielle. Si je veux être réélu, je ne m’occupe que de mes habitants. Et c’est d’ailleurs ce que font la plupart de nos élus. Ils construisent leur électorat par le choix résidentiel. Si je suis à gauche, je fais des HLM. Si je suis à droite, je n’en fais pas et je préfère payer la taxe. Pourquoi ? Pas parce que je suis contre les HLM, mais parce que je suis contre les votes populaires. Je ne veux pas que mon électorat bascule. On a donné aux élus le pouvoir de construire leur électorat. Le monde à l’envers ! Il faut donner le droit d’urbanisme aux grandes métropoles et non plus aux villages. Il est absurde d’avoir 36 000 communes politiques, ça n’a plus aucun sens. Car on sait ce que veulent les gens : du silence, une bonne école, pas d’entreprises, ni de centres sociaux à proximité. Rien. Là ils sont contents. En suivant ce programme, on est sûr d’être réélu.
Vous êtes sûr que les gens sont contents ?

Les trois quarts d’entre eux déclarent être heureux, satisfaits de leur travail, de leur conjoint, de leur vie. C’est le cœur de la société. On peut être heureux en étant très modeste. Certains sont contents parce qu’ils ont une maison, une piscine. Ils sont au Smic mais ont hérité du terrain de leurs parents. Les situations sont multiples. Pourquoi, dans les quartiers populaires, où les habitants sont majoritairement musulmans et pauvres, tout est solidaire ? Le coiffeur, la réparation de voiture, le couscous et aussi un peu le trafic de drogue… A côté, des petits Blancs, qui ont peut-être du boulot mais ne sont solidaires de personne et ont la haine. Qui vit le mieux ?

La société est faite de niches avec des complexités de trajets. Restent 20 à 25% de nos concitoyens qui sont complètement exclus de ces schémas : les 1,5 million de femmes seules avec enfants, les habitants des ghettos urbains… ceux-là méritent toute notre attention.
Donc des Français heureux et qui bougent…

La mobilité, c’est une culture, pas un geste physique. On change de partenaire sexuel, de rapport aux normes, de relation à la distance grâce notamment à la télévision. La mobilité, c’est l’art du changement permanent. On mesure aisément les traces de la mobilité sur le territoire. Passons sur les migrations nord-sud, le rôle du TGV. La discontinuité des pratiques sociales est la règle de nos sociétés. On vit désormais des séries de vies. Avant, on pouvait dire que l’on avait réussi sa vie lorsque tout le quartier se pressait à l’enterrement. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est de pouvoir raconter cette vie : «Il a travaillé à Libé, après il a fait un élevage de chèvres, il a trouvé une nana absolument géniale, puis il a été cinq ans en couple homosexuel - on n’aurait jamais cru ça de lui.» Du coup, tout ça devient passionnant. Au risque d’insister, avant, on faisait l’amour 1 000 dans sa vie. Maintenant, c’est 6 000 ! Et si vous le faites 6 000 fois de la même manière, ça devient ennuyeux à mourir. D’où les films érotiques, les pratiques différentes, les aventures…

En politique aussi, les gens sont devenus des zappeurs permanents. Plus la vie est longue, plus elle est faite de séquences. On change de partenaire sexuel tous les huit ans ; 53% des bébés naissent hors mariage ; 61% des électeurs ne travaillent pas dans la commune où ils habitent. Tous ça représente des indicateurs de la mobilité.

La culture de la mobilité a remplacé la culture de la sédentarité de nos grands-parents. Autrefois, jusque dans les années 50, les gens faisaient 5 km par jour en moyenne. C’est toujours la distance moyenne en Afrique, dans les pays pauvres ou dans certaines banlieues. On en fait aujourd’hui 45, avec d’énormes disparités : durant son mandat, Nicolas Sarkozy en parcourt 700 quotidiennement, et les mômes au pied de leur immeuble sont restés à 5. On est entré dans un monde mobile définitif. On aura toujours des nouvelles d’Asie, de Chine.

Jadis, la mobilité, c’était de voir ce qui se passait ailleurs et l’on venait ensuite raconter ce que l’on avait vu. Ce schéma a perduré jusqu’aux années 60-70. Maintenant, rien n’augmente plus vite que les voyages internationaux. On est passé de 700 millions à 1 milliard de vols en cinq ans. Et l’Asie ne fait qu’entrer dans le film.
Que devient la sphère publique dans votre discours ?

L’humanité s’est réunifiée. Dans son histoire, il y a eu trois grandes ruptures. Chaque fois, les contemporains ont été terrorisés, chaque fois, les générations futures ont trouvé ça extraordinaire. Première rupture : la chute de l’empire romain et l’avènement de la culture monothéiste. Deuxième rupture : Christophe Colomb dit que la Terre est ronde et l’on découvre un nouveau continent, ce qui met à bas toutes les représentations de l’espace et du monde. Enfin, troisième rupture, la Terre constate qu’elle est unifiée. On est dans cette phase. Presque personne n’ose plus dire que le Noir est plus près du singe que le Blanc. Il y a toujours quelques imbéciles qui lancent des bananes au PSG, mais c’est tout.

Maintenant, comment passe-t-on d’un discours de tragédie à un discours heureux ? On sort d’un imaginaire du monde pour passer à un autre. Dans cette mutation, chaque identité nationale a des armes. Les Anglais ont une île, une reine, une structure qui ne change pas. Les Allemands, eux, sont dans l’aventure de la reconquête de la Pologne, ils ont retrouvé leur chemin historique. L’Espagne est tournée vers l’Amérique du Sud. Reste la France. Qu’est-ce qui nous rassemble ? Nous sommes une nation très politique. Ce qui nous rassemble, c’est la philosophie des Lumières, la révolution française, la laïcité, la langue française. Ces quatre fondamentaux sont un système de valeurs - les droits de l’homme - qui nous caractérise. L’abandonner et tout s’écroule.
Quel modèle pour les années à venir ?

Il faut se demander comment récréer un projet français collectif. On a réalisé quelque chose d’extraordinaire : on est au cœur du modèle social européen que tout le monde rêve d’imiter. Désormais, on a, au cœur des sociétés, l’investissement sur l’individu. Aujourd’hui, 40% des emplois consistent à s’occuper du corps des autres. C’est une révolution : éduquer, soigner, divertir. Et c’est d’ailleurs parce que l’on a autant investi sur l’homme qu’il est devenu aussi productif.
Il y a quand même un problème de moyens. Quid du surendettement des Etats ?

Ce système doit être renouvelé, et il est évident que le modèle est complexe à financer. Cela dit, je trouve que la gauche ne devrait pas être aussi négative. Le discours devrait être : «Nous avons réussi à augmenter la durée du temps de vie grâce à la santé et l’éducation, nous avons réduit le temps de travail, c’est un succès énorme et nous espérons mondialiser ce modèle.» Seules limites, le rapport à la nature et la montée des nationalismes. L’écologie et les nationalistes sont les deux champs de la politique à reconstruire.
C’est la vision pessimiste que renvoient les hommes politiques…

On dit que les politiques sont coupés des réalités. Il est vrai qu’ils ne rencontrent que deux types de Français, les très riches et les très pauvres. D’un côté, ceux qui ont besoin d’aides, d’un logement, d’un emploi pour leur gamin et, de l’autre, ceux qui sont sur les stratégies de développement, les aménageurs, les patrons d’Auchan.

Mais «le type normal», qui gagne 2 000 euros, sa femme 1 500, qui a deux gosses et une Scénic, celui qui rêve de partir en vacances deux fois dans l’année plutôt qu’une, celui-là, les politiques ne le voient jamais. Et cela se ressent dans le discours de ceux de gauche. On a l’impression qu’ils n’aiment plus la vie, ils croient que la société va mal et comme ils culpabilisent de vivre bien, ils font comme si tout le monde vivait mal. Or ce n’est pas vrai. Je le répète : 75% des gens disent qu’ils sont heureux et tous les indicateurs vont dans le même sens.
Pourquoi cette sinistrose permanente ?

C’est sans doute dû au modèle politique. Avant, on était dans un système simple, la droite gouvernait, la gauche s’opposait. Depuis l’alternance, le changement se fait sur l’exagération des situations négatives. L’opposition a inévitablement un discours destructeur. Et puis, nous sommes dans une société médiatique où tout événement unique - fait divers, catastrophe, accident - prend une place extrêmement importante. Enfin, une constatation toute bête : plus la société a d’objets, plus les objets sont volés. Donc, dans une société de consommation, la délinquance vis-à-vis des objets augmente. Il y a un vrai télescopage entre la richesse et la pauvreté, fortement anxiogène. Mais cela ne veut pas dire que tout va plus mal.
Alors que faire ?

Je crois que ce sont les utopies qui créent les sociétés. J’aime beaucoup Ivan Kremniov, auteur du Voyage de mon frère Alexis au Pays de l’utopie paysanne publié en 1920. Son utopie se résume ainsi : la ville est faite pour se rencontrer, on y vient pour travailler, aller au spectacle, se cultiver, on vit à l’hôtel. Et il y a la campagne, avec les animaux, la nature, les jardins, pour habiter. Cela ressemble assez à ce que l’on vit, et c’est la meilleure utopie du devenir européen.

J’ai fait un livre sur le changement de la société française avec la profonde conviction que les parts de marché qui nous manquent se trouveront à l’intérieur de notre unité culturelle. Si on prend mes fondamentaux - identité, humanité, homme, nature -, la France a des atouts énormes, même si en ce moment, ils semblent avoir disparu. Si vous parlez de la réduction du temps de travail ou de la semaine de quatre jours, vous paraissez obscène. Si vous défendez les 35 heures en disant que c’est la seule mesure féministe que l’on a créée, on vous dit «mais les 35 heures ont ruiné les entreprises». Et les 10% de chômeurs qu’on finance, et les préretraites qu’il faut payer ? Cela aussi ruine les entreprises !

De toute façon, 12% du temps français est consacré au travail. Comme en Allemagne. Pas plus. Quant aux Américains, ils travaillent 30% de plus que nous et polluent 40 ou 50% de plus que nous. Ils produisent plus, OK, mais leurs femmes sont-elles plus jolies ? Non. Ils ont un autre mode de vie. Est-ce le modèle que l’on doit imiter ? Certainement pas.

dimanche 24 juin 2012

Les classes moyennes à la dérive

Les classes moyennes à la dérive

Louis Chauvel

Le sujet (éditeur)

Privilégiées ou condamnées ? Les classes moyennes ne connaissent certes pas les difficultés des périphéries les plus déshéritées (pauvreté, exclusion, relégation...). Mais leur apparent confort dissimule un cruel déficit d'avenir. Tandis que nous nous inquiétons de ses marges, c'est peut-être en son cœur que la société française se désagrège. Où est ce cœur ? Il ne s'agit pas seulement d'un " juste milieu " entre l'élite et les classes populaires La centralité des classes moyennes tient d'abord à l'imaginaire de progrès et d'émancipation qui leur fut longtemps associé et dont témoignent les grandes conquêtes sociétales des années 1950-1970 propriété du logement, départs en vacances, acquisition d'une automobile, contraception, accès à l'université, etc. C'est cet imaginaire qui s'effondre aujourd'hui. De même qu'elles associèrent les autres à leurs succès, les classes moyennes les entraînent à présent dans leurs difficultés. Leur dérive pourrait devenir demain le cauchemar de tous.

Mon impression

J'aime ... beaucoup

Voilà un livre de sociologie comme je les aime!

Excellente vulgarisation : nul besoin d'être un fin connaisseur du sujet ou d'avoir un bac+5 en la matière pour comprendre de quoi il s'agit. Tout profane peut y mettre son nez et se régaler de cette analyse.

Cet ouvrage s'intéresse exclusivement aux classes moyennes, dont il a beaucoup été question lors de ces dernières élections : leur évolution au sein de la société, la place de leurs enfants dans le système éducatif français, les politiques d'accès à la propriété, bref la vie quoi!

People Or Not People

People Or Not People

Lauren Weisberger

Le sujet (éditeur)

Beth a vingt-six ans, travaille quatre-vingts heures par jour pour un patron odieux, et vit seule avec son chien hypoallergénique, depuis que son petit ami Cameron l'a plaquée pour un mannequin. Mais le jour où Pen, sa meilleure amie, lui annonce ses fiançailles, elle décide de passer un bon coup de Karcher dans sa vie et de commencer par... démissionner. Et, finalement, les journées, vautrée sur son canapé à dévorer des tablettes de chocolat et des romans à l'eau de rose, lui conviennent bien mieux. Jusqu'au jour où Will, son oncle gay, bien décidé à la mettre au travail, lui trouve une place dans une boîte de R.P. Terminées, les soirées pantoufles ou dîners tranquilles, entre copines ! Place aux sorties branchées avec les VIP, aux nuits arrosées assorties de réveils difficiles. Surtout quand on apprend ce qu'on a fait la veille, comme Beth, dans les gros titres d'un journal people...

Mon impression

J'aime ... assez
Après ma lecture du "Jour après le lendemain" qui a mis un sacrés coup à mon moral, j'avais besoin d'une lecture pour "m'aérer un peu les neurones" si je puis dire cela comme ça. Et bien c'est exactement ce que j'ai trouvé avec ce roman. Rien d'extraordinaire, on sait très rapidement ce qui va se passer, pas de fous rires non plus, mais c'est conforme à l'attendu : on se détend, l'écriture est fluide, c'est romantique... bref, un vrai livre de filles!

Le jour avant le lendemain

Le jour avant le lendemain

Jorn Riel

Le sujet (éditeur)

Dans le nord-est du Groenland, la tribu de Katingak est sur le point de rejoindre le camp d'été. Pour Ninioq, le temps sera venu de faire ses adieux au monde des vivants. Mais Tornarssuk, le maître de tout, en a décidé autrement. Comme après chaque saison de chasse, il faut aller faire sécher le poisson et la viande sur la petite île de Neqe. Et c'est à elle, la doyenne de la tribu, et à son petit-fils Manik qu'échoit cette mission. Sur cette terre hostile et malgré son grand âge, Ninioq doit prendre soin de l'enfant. Jour après jour, elle apprend au fils de son fils les gestes de la vie et lui transmet les traditions et les légendes de la tribu. Mais quelque chose s'est passé Ninioq le sent. Depuis quelques semaines déjà, ils auraient dû revenir les chercher. Un malheur est-il arrivé ? II faut qu'elle sache, qu'elle aille à leur rencontre, qu'elle retrouve les siens...

Mon impression

J'aime ... bof

Encore un petit livre qui m'a beaucoup touché...
Mais pas vraiment dans le bon sens! L'histoire est d'une tristesse... j'ai eu énormément de mal à en venir à bout car je sentais que ça n'allait pas bien se terminer.
ATTENTION : à ne pas lire quand on ne se sent pas très bien, ça ne vous aidera pas à vous sentir mieux, bien au contraire!!!
Mais tout de même, je note que le livre est merveilleusement bien écris, et que le premier tiers de l'ouvrage est passionnant. On y apprend beaucoup sur la façon de vivre des tribus du Groenland.

lundi 18 juin 2012

Lettre d'une inconnue


Lettre d'une inconnue, Stéfan Zweig


Le sujet
Ce petit ouvrage que je qualifierais à la mi chemin d'une nouvelle et d'un petit roman, est en fait une lettre écrite par une jeune femme mourante à son bien-aimé.
Dans sa lettre, elle raconte à cet homme combien elle l'a aimé depuis toute jeune (avant même l'adolescence) lorsqu'elle l'a vu emménager en face de chez elle, et jusqu'à l'écriture de cette lettre quelques vingt ans plus tard, à quelques instants de sa mort alors qu'elle pleure encore leur fils tout juste décédé.

Mon impression
J'aime ... passionnément

Voilà un petit livre qui m'a beaucoup touché et beaucoup ému.
L'histoire est tragique : cette femme qui aime passionnément et depuis toute jeune un homme un peu plus âgé qu'elle, un auteur à succès semble-t-il, qui ne se souviendra jamais d'elle malgré les nuits passées ensemble.
L'écriture du livre est fluide, légère, poétique... J'ai passé une heure merveilleuse à découvrir et me délecter de ce roman.
C'est sans aucun doute un de mes gros coup de coeur de cette année.

dimanche 17 juin 2012

Saga Parisienne tome 3

Saga Parisienne tome 3, Gilles Schlesser

Le sujet (éditeur)
La photo de famille semble parfaite. Trois générations du clan Ormen y sont rassemblées, auréolées de leur réussite. Quelques absences, cependant. Et une ombre.
Celle que porte l'Heure bleue, cette toile de Picasso volée pendant la rafle du Vél d'Hiv', il y a plus de quarante ans. Qui s'en soucie encore? Ceux qui se sont déchirés sous l'Occupation aspirent à la cicatrisation des blessures et leurs enfants ne sont pas plus enclins à réveiller les vieux démons.
Restent les plus jeunes, déterminés à retrouver le tableau disparu et à affronter les vérités dérangeantes. Au risque de bousculer sérieusement la légende familiale.

Mon impression
J'aime ... beaucoup

Tout d'abord je souhaite remercier Babelio et leur édition Masse Critique ainsi que l'éditeur Parigramme de m'avoir proposée la lecture de cet ouvrage. 
Le seul regret que je porte est celui d'avoir commencé par le tome 3... Je n'ai donc pas eu le plaisir de voir évoluer la famille Ormen depuis la 2nde guerre mondiale, au cours de laquelle débute cette saga.
Comme vous l'aurez compris, j'ai donc débuté cette saga avec ce dernier tome. C'est la raison pour laquelle j'ai eu quelques soucis à rentrer dans le livre : beaucoup de personnages! Il faut raccrocher les wagons de qui est qui et par rapport à qui! Mais une fois mon petit arbre généalogique écrit, tout roule. Et ce n'est que du bonheur! Je l'ai d'ailleurs lu très très rapidement passé les premiers chapitres. L'écriture est fluide, les personnages et l'histoire passionnante.
Pour autant, je ne me suis pas attachée aux personnages. 
Il y en a tellement et tout passe tellement vite (20 ans pour environ 300 pages) qu'on ne s'attache pas à eux. 
De plus, en ce qui me concerne (et je pense que c'est le cas de la très grosse majorité d'entre nous), ce ne sont pas des gens à qui nous pouvons nous identifier (le patriarche à l'Académie Française qui court après le Goncourt, la fille violoniste virtuose connue mondialement, la petite fille journaliste à France Inter et son frère chroniqueur sur Arte, etc.).
Mais leurs destins, l'amour qu'ils se portent, et le fameux secret du tableau de l'Heure Bleue après lequel court Paul, que je considère comme le personnage principal de ce tome, font de ce roman une vraie réussite.

Par ailleurs j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir cette période de 1981 à 2003.
Nous revivons avec les personnages des évènements tels que les attentas de Paris, la mort de Dalida, l'apparition du Bip Bop, la mort de Bérégovoy, la mise en place puis l'arrivée d'internet, la coupe du monde 98 ou encore la mise en place des 35h par Martine Aubry (j'en passe bien sur bien d'autres!)

Je verrais très bien cette saga adaptée à la télévision pour la "saga de l'été"! 
Ce n'est certes pas de la grande littérature mais l'intrigue est réussie et j'en sors très séduite. Peut-être lirais-je les tomes précédents un jour...

Je vous conseille très très fortement de lire cette trilogie, elle me semble parfaite pour les lectures de l'été!

mardi 5 juin 2012

Méditer jour après jour


Méditer Jour Après Jour, Christophe André
Le sujet
Ce livre présente et initie à la pratique de la méditation de pleine conscience.
Dans les premiers chapitres, au travers de la découverte de peintures, Christophe André nous fait découvrir la méditation de pleine conscience. 
Des pistes audio nous permettent de passer à la pratique tout en étant accompagné par l'auteur.

Mon impression
J'aime ... beaucoup

Un livre que l'on m'a offert, un livre à offrir, se faire offrir et à défaut, à s'offrir!
La méditation est une pratique dont on parle peu et qui pourtant présente des effets bénéfiques avérés. 
Christophe André est d'ailleurs un psychiatre et psychothérapeute reconnu et exerçant à l’Hôpital Sainte Anne de Paris, spécialiste de la prévention des rechutes de dépression et de troubles anxieux. Troubles et rechutes qu'il traite grâce à la méditation de pleine conscience, entre autres choses bien sur.
Je ne peux que vous conseiller de vous faire plaisir en lisant ce magnifique livre. Beau esthétiquement grâce aux très belles peintures présentées, et beau car il a ce pouvoir de vous faire voir la vie autrement.

9e livre challenge ABC... Le Portrait de Dorian Gray


Le Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde

Le sujet
Dorian Gray est un jeune dandy qui n'a pour mérite que d'être un magnifique jeune homme.
Tellement beau qu'un peintre, Basil Hallward, s'éprend de sa beauté et décide de lui faire son portrait.
C'est lors de la séance de pause de ce portrait que Dorian rencontre Lord Henry Wotton, un ami de Basil, qui lui fera partager sa vision de l’éphémère beauté de l'adolescence.
Bouleversé par ces théories, Dorian fait le vœux de garder son éternelle jeunesse : son portrait vieillira à sa place...

Mon impression
J'aime ... beaucoup

Un livre devenu un classique... et pour cause!
Il n'y a pas grand chose à commenter, tout a déjà été dit et redit sur ce petit bijoux.
Il se dévore très rapidement, bien que l'histoire mette un peu de temps à débuter.
J'ai aimé la théorie du livre selon laquelle lorsqu'on commet des actes malveillants, le physique s'en ressent : il vieillit, garde des signes de ses actions.
Je me suis également régalée de l'écriture de l'auteur, une véritable poésie du début jusqu'à la fin.

mardi 15 mai 2012

3 kifs par jour


3 kifs par jour, Florence Servan-Schreiber

Le sujet (éditeur)
En s'appuyant sur la psychologie positive, ou science du bonheur qui observe les facteurs internes et externes de notre épanouissement, l'auteur a développé ses propres rituels, les kifs, qu'elle entend diffuser pour permettre à ses lecteurs de repérer leurs émotions positives et de vivre mieux. C'est de sa propre expérience qu'elle nous fait part et qu'elle entend partager. Il s'agit pour tout un chacun de repérer, d'identifier ces moments, ces situations de bien-être qui peuvent devenir la base d'une vie épanouie. C'est aussi accéder à ses ressources intérieures pour se prémunir des situations défavorables.

Mon impression
J'aime ... beaucoup
J'ai écouté ce livre avec Audio Lib.
Il nous éclaire sur la psychologie positive, et nous présente les trucs et astuces pour vivre mieux.
Les trucs et astuces sont étayés de résultats d'études scientifiques qui prouvent leurs bienfaits.
On se rend vite compte que finalement, vivre heureux n'est pas si difficile que ça! Il en fait peu pour être heureux comme dirait mon ours favoris!
J'ai appris beaucoup de chose, et j'ai eu des rappels sur les bienfaits de nombreuses autres choses que je pratique déjà, et je confirme, ça fonctionne!
Un petit livre à garder sur sa table de nuit, très facile à lire, accessible à tous.
Je vous le recommande vivement.

lundi 7 mai 2012

Saison Brune


Saison Brune, Philippe Squarzoni



Le sujet (éditeur)
Été 2006. Philippe Squarzoni finalise son album politique Dol, mais il lui reste un passage à traiter, celui de l’écologie. Peu connaisseur, il veut maîtriser son sujet et parler en détail du changement climatique. Déstabilisé par l’ampleur du problème, il s’interroge, s’informe, interviewe des spécialistes, se trouve confronté à des impasses, ou renvoyé à de nouveaux questionnements. S’ensuivent cinq ans de recherches…

Mon impression
J'aime ... passionnément

Tout d'abord je souhaite remercier Babelio et leur édition Masse Critique BD ainsi que l'éditeur Delcourt de m'avoir proposé la lecture de cette merveilleuse BD.

Formidable, tout simplement formidable.

Cette BD est un pavé de 480 pages, et pourtant... il se lit d'une traite! Impossible de le lâcher.

Sur la forme...
A première vue, ce qui m'a frappé, c'est la dimension objet livre apportée par la qualité graphique et le volume imposant du livre. 
A mes yeux le côté gros pavé suggère la consistance des informations fournies, et le côté BD amène une présentation intelligible de ces informations. 
Dans le contexte des livres électroniques, il est à mon avis une bonne raison d'aimer les livres papier. Il dépoussière ce format qu'on annonce bientôt mort. Car on dirait une synthèse hybride d'un documentaire TV transformé en BD.

Sur le fond...
Je pensais être de celle qui s'y connaissait plutôt bien sur le sujet car il m'intéresse énormément. Et pourtant, qu'est ce que j'ai appris grâce à ce livre! 
Une mine d'informations sur quantités de sujets touchant au réchauffement climatique.
Il est impossible d'être climato-sceptique après la lecture de ce livre.
C'est une enquête poussée et méticuleuse. Cinq ans de recherche tout de même!

Le gros point positif de ce livre réside justement dans le fait qu'il traite de tous les aspects du réchauffement, de la cause, aux conséquences et à travers de nombreux points de vue : économistes, biologistes, politiques, etc.

La BD commence par une présentation des faits et de résultats scientifiques avérés. Le décors est planté.
Puis viennent des témoignages de spécialistes (GIEC, Autorité de Sûreté Nucléaire entre autres) sur différents thèmes (cf mon découpage du livre en fin de billet).
Tout y passe, les gaz à effet de serre, le GIEC, les moyens de production d'électricité, le "climat gate" (dénigrements des études du GIEC), et j'en passe!

Ce qui m'a le plus intéressé dans ce livre, c'est le regroupement de témoignages de spécialistes. Ce livre est un reportage à lui seul couché sur papier (et je dirais même plus, un reportage digne d'ARTE)!
La dernière partie traitant de la relation entre environnement et politique/économie est tout simplement passionnante.

On ne sort pas indemne d'une telle lecture.
On se pose tout plein de questions : 
- que puis-je faire à mon échelle? 
- que puis-je faire pour que les mentalités évoluent? 
- que puis-je faire pour que la population prenne conscience de la gravité de la situation? 
- pourquoi les thèses climato-sceptiques comptent-elles autant d'adhérents? (bon je me doute que c'est parce que ça les arrange bien de dire que tout va bien, que l'on peut continuer de vivre comme nous le vivons : la politique de l'autruche, enfin c'est mon point de vue)
- QUE FAIRE?!
Car la conclusion est terrible, nous allons droit dans le mur. Et il faut que l'on en prenne conscience à l'échelle du pays car à titre individuel on est impuissant.

Bref, un petit bijoux par ailleurs superbement bien illustré (et je précise que je ne suis absolument pas amatrice de BD, les deux seules que je possède sont les "Quai d'Orsay").
La BD est en noir et blanc et accentue ainsi clairement l'aspect sombre et inquiétant du sujet.

Cette BD se trouvera sous de nombreux sapins de Noël l'hiver prochain!
Un coup de cœur : chapeaux bas à l'auteur.



Proposition de découpage de la BD :
- les principaux gaz à effet de serre (méthane, protoxyde d'azote, halocarbones, etc.),
- le GIEC et ses résultats,
- les principales sources de gaz à effet de serre (production d'électricité, industrie et  chauffage),
- les effets du réchauffement climatique sur la Terre et une réflexion sur un changement de mode de vie
- le problème de l'après pétrole : charbon, gaz, hydraulique, éolien, solaire, biocarburants géothermie
- la question du nucléaire
- système économique vs exigences environnementales et questions politiques qui en découlent

vendredi 4 mai 2012

A quoi rêvent les filles?

A quoi rêvent les filles? Mindy Klasky

L'histoire
Kira est une jeune femme qui travaille dans le théâtre le moins connu de Minneapolis, voisin d'un cinéma porno qui fait plus d'entrées que ses pièces... 
Elle vit en colocation avec ses deux meilleures amies et suite à une rupture le jour de son mariage a pris beaucoup de kg pour finalement arriver à une taille 40... 
Bref, Kira ne vit pas la vie dont elle rêvait (en ce qui me concerne je trouve qu'elle n'est pas à plaindre mais c'est mon point de vue!).
Un soir, en faisant un peu le ménage dans les costumes, elle tombe sur une lampe. Une lampe de laquelle sort un génie! Elle a droit à trois vœux... Trois vœux qui vont lui permettre de transformer sa vie...


Mon impression
J'ai aimé .... bof
3e livre "chicklit" de ma bibliothèque (Kindle)...
Comme les 2 premiers livres de cette catégorie, une histoire simple, qui se lit très rapidement, fluide, parfois amusante et dont on oublie tout quelques jours après l'avoir fini.
Parfait quand on veut se vider la tête et ne pas réfléchir!

vendredi 13 avril 2012

Confessions d'une Accro du Shopping

Confessions d'une Accro du Shopping, Sophie Kinsella


L'histoire
Votre job vous ennuie à mourir ? Vos amours laissent à désirer ? Rien de tel qu’un peu de shopping pour se remonter le moral… C’est en tout cas la devise de Becky Bloomwood, une jolie Londonienne de vingt-cinq ans. Armée de ses cartes de crédit, la vie lui semble tout simplement magique ! Chaussures, accessoires, maquillage ou fringues sublimes… rien ne peut contenir sa fièvre acheteuse, pas même son effrayant découvert. Un comble, pour une journaliste financière qui conseille ses lecteurs en matière de budget ! Jusqu’au jour où, décidée à séduire Luke Brandon, un jeune et brillant businessman, Becky s’efforce de s’amender, un peu aidée, il est vrai, par son banquier, qui vient de bloquer ses comptes… Mais pourra-t-elle résister longtemps au vertige de l’achat et à l’appel vibrant des soldes ?

Mon impression
J'ai aimé .... assez
2e livre "chicklit" de ma bibliothèque...
Je reste mitigée! Le livre se lit très bien mais ce n'est pas de la grande littérature.
Et Becky a le don de m'énerver!!!! Je ne peux pas croire que qu'une personne puisse se comporter de la sorte ce n'est pas possible!
Mais bon je me répète, une histoire agréable qui se lit bien. 
Rafraichissant et parfait pour se détendre.

8e livre challenge ABC... Effroyables Jardins


Effroyables Jardins, Michel Quint




L'histoire
Le jeune garçon aimerait bien pouvoir se cacher, disparaitre, lorsque son père, instituteur respecté, se déguise en clown amateur.
Entre honte et mépris, il assiste à ses numéros.
Jusqu'au jour où son oncle Gaston lui révèle le sens de cette étrange vocation en lui dévoilant un épisode tragi-comique de la Seconde Guerre mondiale...

Mon impression
J'ai aimé .... assez
Petit roman vraiment très court (moins de 80 pages) et passionnant!
Je dois avouer avoir eu un peu de mal à suivre au début le langage du narrateur. Puis on s'y fait... L'histoire est très touchante.

Le Dernier Ami


Le Dernier Ami, Tahar Ben Jelloun


L'histoire
En deux parties, ce très beau livre raconte l'amitié entre deux hommes, Mamed et Ali, selon leur deux points de vue, celui d'Ali d'abord, puis celui de Mamed.
L'histoire d'une amitié qui commence au lycée français de Tanger, qui continue durant les études supérieures, puis durant leur "service militaire" forcé, leurs vies familiales chacun de leur côté, et enfin une amitié qui survit malgré la distance entre deux lointains pays.

Mon impression
J'ai aimé ....beaucoup
Petit roman qui se dévore.
J'ai beaucoup aimé le retournement de situation.
Lorsqu'on lit l'histoire racontée par Ali on apprend que Mamed met fin à leur très belle amitié de façon très brutale et cruauté. On s'interroge. Pourquoi tant de méchanceté après tant d'amour?

Et puis vient l'histoire de Mamed, et on comprend : c'est un sacrifice.
Mamed sacrifie sa plus belle histoire d'amour (car c'est bien d'amour dont il s'agit) avec son meilleur ami pour le protéger. Il préfère qu'Ali lui en veuille et se mette à le détester plutôt que de le voir souffrir en le regardant mourir.
Une histoire très juste, et très touchante.

vendredi 6 avril 2012

Les Trois Lumières


Les Trois Lumières, Claire Keegan




L'histoire
Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella,des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s’agit de la soulager jusqu’à l’arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n’a connu que l’indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l’espace, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. Certains détails malgré tout l’intriguent : les habits dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle, l’attitude de Mrs Kinsella lors de leurs rares sorties à la ville voisine…

Mon impression
J'ai aimé .... assez
Petit roman très court (100 pages) décrivant l'été d'une petite fille que l'on envoi vraisemblablement à de la famille éloignée le temps que sa maman accouche de son nouveau bébé.
L'histoire est narrée par la petite fille qui va se prendre d'amour pour cette famille qui l'accueille et qui lui fait sentir pour la première fois qu'elle est aimée.
Pas de mièvrerie, pas de la grande littérature non plus, c'est un petit roman sympathique à la lecture mais je n'en retient finalement pas grand chose.

6e livre challenge ABC... L'Ombre du Vent


L'Ombre du Vent, Carlos Ruiz Zafon



L'histoire
Daniel Sempere est un petit garçon qui a le malheur de perdre sa mère très tôt.
Son père, pour le réconforter un soir où le jeune garçon craint de l'oublier, décide de l'emmener dans un endroit secret de Barcelone ... le cimetière des livres oubliés.
Il doit y choisir un livre qu'il ne devra jamais oublier, il lui faudra l'"adopter".
Ce livre s'intitule "L'Ombre du Vent" d'un certain Julian Carax.
Daniel va alors se passionner pour cet auteur dont il a adoré le livre, et tenter de découvrir son histoire.
S'entremêlent alors dans ce roman la vie de Daniel, et celle de Julian...

Mon impression
J'ai aimé .... beaucoup
Bien qu'il m'ait fallu du temps pour en venir à bout (plus de 600 pages), j'ai trouvé ce roman passionnant.
Merveilleusement bien écrit, on rentre très rapidement dans cette histoire. De plus, l'intrigue est extrêmement bien ficelée. On ne se doute absolument pas de ce qui va se passer, et tous les rebondissements sont véritablement des surprises.
Le parallèle entre la vie de Julian et de Daniel est très bien amené, et je n'ai trouvé aucune longueur à cet excellent roman.
Une petite remarque négative cependant, je ne saurais dire pourquoi, mais ce livre m'a mis assez mal à l'aise à cause de son ambiance très pesante. Je ne suis pas du tout une habituée des "thrillers" ou des livres policiers. Peut-être est-ce pour cela. C'est certainement ce qui a fait qu'il m'a fallu un bout de temps pour en venir à bout.
Mais malgré tout, je persiste et signe, un EXCELLENT roman.

7e livre challenge ABC... Une Vie Française


Une Vie Française, Jean-Paul Dubois



L'histoire
Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République. L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gaulle après 58 et à Pompidou après 68, s'offrit à Giscard avant de porter Mitterrand au pouvoir, pour se jeter finalement dans les bras de Chirac. Et Paul, dans tout ça ? Après avoir découvert, comme il se doit, les joies de la différence dans le lit d'une petite Anglaise, il fait de vagues études, devient journaliste sportif et épouse Anna, la fille de son patron. Brillante chef d'entreprise, adepte d'Adam Smith et de la croissance à deux chiffres, celle-ci lui abandonne le terrain domestique. Devenu papa poule, Paul n'en mène pas moins une vie érotique aussi intense que secrète et se passionne pour les arbres, qu'il sait photographier comme personne. Une vraie série noire - krach boursier, faillite, accident mortel, folie - se chargera d'apporter à cette comédie française un dénouement digne d'une tragédie antique. Jardinier mélancolique, Paul Blick prend discrètement congé, entre son petit-fils bien-aimé et sa fille schizophrène.

Mon impression
J'ai aimé .... bof
Ce livre m'a beaucoup troublé.

!Attention spoiler!
Je pense pouvoir découper ce roman en trois parties :
- les frasques de Paul Blick à travers l'adolescence et la vie de jeune adulte : du sexe du sexe et encore du sexe (j'avais honte dans le train lorsque ma voisine regardait mes lectures au dessus de mon épaule c'est dire...),
- la vie adulte de Paul Blick partie 1 : son travail, sa famille et bien sur du sexe, puisqu'il semble que l'auteur ne sache pas faire sans,
- la vie adulte de Paul Blick partie 2 : la tragédie poussée à son paroxysme!

Bon vous l'aurez compris, le sexe tient une place assez importante dans ce roman : au risque de passer pour une jeune fille prude, j'ai trouvé que cette place était bien trop importante et n'apportait absolument rien à l'histoire.
La dernière partie du livre est quant à elle franchement déprimante : accident mortel de sa femme, énormes problèmes financiers, fin de vie de sa mère, grave maladie de sa fille... Bref tout y est.
Je ne peux m'empêcher de penser (et d'espérer surtout!) que ce roman n'a rien d'une "vie française classique". Si je me trompe, que Dieu nous vienne en aide (façon de parler) parce que ce n'est pas franchement réjouissant...

dimanche 11 mars 2012

Penser l'adoption - éthique et philosophie morale


Penser l'adoption,Bruneau Perreau


Le sujet (éditeur)
Adopter un enfant abandonné, c’est poser la question du rôle de la famille, de l’éducation et de la responsabilité pour autrui. Adopter un enfant né sous X, c’est admettre que le corps ne fait pas destin et résister à la biologisation promue par les lois sur la bioéthique qui interdisent les mères-porteuses et limitent la procréation médicalement assistée aux couples hétérosexuels non fertiles. Adopter un enfant à l’étranger, c’est contribuer à définir les règles d’acquisition de la nationalité. Adopter un enfant en tant que célibataire, en tant que femme ménopausée ou en tant que couple homosexuel, c’est affirmer que la sexualité n’est pas tributaire de la reproduction.

Bruno Perreau plaide pour une vision plus ouverte, plus démocratique, des liens communautaires afin non seulement de reconnaître le pluralisme des modes de vie mais aussi de laisser libre court à leur créativité.

Mon impression
Je n'ai pas accroché
Je remercie tout d'abord Babelio pour son évènement Masse Critique, et l'éditeur Presse Universitaire de France pour son livre « Penser l'adoption : Ethique et philosophie morale ».
Ce livre est écrit par Bruno Perreau, dans la continuité d'une thèse réalisée à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
Je suis vraiment désolée de commencer ainsi, mais je suis dans l'obligation d'être honnête : j'ai eu un mal fou à aller au bout de ce livre, pourtant pas très épais.
Le sujet m'intéresse pourtant beaucoup, et j'ai pars ailleurs entendu Mr Perreau dans l'émission « La Tête au Carré » au mois de janvier qui y avait fait une excellente émission en vulgarisant parfaitement son sujet et ses propos.
Je m'attendais donc à recevoir un livre facile à lire, et accessible à tous.
Bref, une belle vulgarisation sur un sujet somme toute assez complexe.
Malheureusement, j'ai eu l'impression de me retrouver avec un livre auquel je n'ai pas compris grand-chose (et ce n'est pas faute d'avoir essayé !).
Tout d'abord, je n'ai pas trouvé qu'il s'agissait d'une véritable réflexion sur le processus d'adoption d'aujourd'hui.
Il m'a semblé qu'il faisait un historique sur une grosse majorité du livre (l'histoire de l'adoption dans un 1er temps, de l'évolution des définitions de certains termes dans un 2nd temps, …) sans véritablement apporter de réflexion sur le sujet.
Il me faut préciser que cette impression que j'ai eu vient peut être du fait que j'ai eu beaucoup de mal à suivre l'auteur.
Je n'ai pas prétention à avoir la science infuse et à pouvoir tout comprendre immédiatement mais il me semble ici que ce livre n'est pas destiné au plus grand nombre, ou en tout cas aux non spécialistes du domaine comme moi. Je pense que ce livre s'adresse aux sociologues, et spécialistes du domaine exclusivement.
Un petit exemple vaut mieux que de longues paroles (page 109):
« La plupart des fonctionnaires permanents (note de moi-même : on parle ici des fonctionnaires qui travaillent dans les services d'adoption) se pensent riches de savoir-faire, donc légitimes, mais démunis face au faire-savoir des « experts » psychiatres et psychologues , des élus, voire des représentants des principales associations très présents sur la scène médiatique. Ils vivent une homologie structurale entre leur relatif déclassement et les milieux difficiles auxquels ils sont confrontés dans leurs pratiques ou l'ont été lors de leur formation. Cette homologie structurale ne s'exerce pas, pour autant, de façon uniforme : les professions les plus mobiles (celles qui s'appuient sur une légitimité extérieure au champ) échappent largement à cette autodépréciation. En d'autres termes, la centralité institutionnelle parmi les personnels ASE recouvre une certaine marginalité dans l'espace des rapports de savoir administratifs ».
Lorsque je suis tombée sur des phrases pareilles (l'exemple est relativement avancé dans le livre mais ce genre de phrases commence très tôt), au début je me suis accrochée : qu'a-t-il bien pu vouloir dire ?
Mais au bout de pages et de pages comme cela j'ai tout simplement laissé tomber.
J'ai lu les parties que je comprenais sans trop de difficultés (un historique pur et simple, telle loi passée en 19.., puis tel décret, puis telle jurisprudence, etc.) mais qui ne sont pas franchement passionnantes, et les parties qui sont finalement peut être plus intéressantes, je pense ne pas les avoir comprises.
Pour résumer, j'ai trouvé que ce livre ne s'adressait absolument pas à monsieur tout le monde.
Je suis désolée de ce jugement assez dur, je m'attendais vraiment à trouver un livre à la portée de tous et qui fasse réfléchir le plus grand nombre sur le processus d'adoption aujourd'hui pour faire bouger les choses.
Il me semble que l'auteur a beaucoup de choses à dire sur le sujet et que c'était un petit peu le but de cet ouvrage (d'après ce que j'ai pu en entendre à la radio), mais en ce qui me concerne, la mission a échoué...