Penser l'adoption,Bruneau Perreau
Le sujet (éditeur)
Adopter un enfant abandonné, c’est poser la question du rôle de la
famille, de l’éducation et de la responsabilité pour autrui. Adopter un
enfant né sous X, c’est admettre que le corps ne fait pas destin et
résister à la biologisation promue par les lois sur la bioéthique qui
interdisent les mères-porteuses et limitent la procréation médicalement
assistée aux couples hétérosexuels non fertiles. Adopter un enfant à
l’étranger, c’est contribuer à définir les règles d’acquisition de la
nationalité. Adopter un enfant en tant que célibataire, en tant que
femme ménopausée ou en tant que couple homosexuel, c’est affirmer que la
sexualité n’est pas tributaire de la reproduction.
Bruno Perreau plaide pour une vision plus ouverte, plus démocratique,
des liens communautaires afin non seulement de reconnaître le pluralisme
des modes de vie mais aussi de laisser libre court à leur créativité.
Mon impression
Je n'ai pas accroché
Je remercie tout d'abord Babelio pour son évènement Masse Critique, et
l'éditeur Presse Universitaire de France pour son livre « Penser
l'adoption : Ethique et philosophie morale ».
Ce livre est écrit par Bruno Perreau, dans la continuité d'une thèse réalisée à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
Je
suis vraiment désolée de commencer ainsi, mais je suis dans
l'obligation d'être honnête : j'ai eu un mal fou à aller au bout de ce
livre, pourtant pas très épais.
Le sujet m'intéresse pourtant beaucoup, et j'ai pars ailleurs entendu Mr
Perreau dans l'émission « La Tête au Carré » au mois de janvier qui y
avait fait une excellente émission en vulgarisant parfaitement son sujet
et ses propos.
Je m'attendais donc à recevoir un livre facile à lire, et accessible à tous.
Bref, une belle vulgarisation sur un sujet somme toute assez complexe.
Malheureusement, j'ai eu l'impression de me retrouver avec un livre
auquel je n'ai pas compris grand-chose (et ce n'est pas faute d'avoir
essayé !).
Tout d'abord, je n'ai pas trouvé qu'il s'agissait d'une véritable réflexion sur le processus d'adoption d'aujourd'hui.
Il
m'a semblé qu'il faisait un historique sur une grosse majorité du livre
(l'histoire de l'adoption dans un 1er temps, de l'évolution des
définitions de certains termes dans un 2nd temps, …) sans véritablement
apporter de réflexion sur le sujet.
Il me faut préciser que cette impression que j'ai eu vient peut être du fait que j'ai eu beaucoup de mal à suivre l'auteur.
Je n'ai pas prétention à avoir la science infuse et à pouvoir tout
comprendre immédiatement mais il me semble ici que ce livre n'est pas
destiné au plus grand nombre, ou en tout cas aux non spécialistes du
domaine comme moi. Je pense que ce livre s'adresse aux sociologues, et
spécialistes du domaine exclusivement.
Un petit exemple vaut mieux que de longues paroles (page 109):
« La plupart des fonctionnaires permanents (note de moi-même : on parle
ici des fonctionnaires qui travaillent dans les services d'adoption) se
pensent riches de savoir-faire, donc légitimes, mais démunis face au
faire-savoir des « experts » psychiatres et psychologues , des élus,
voire des représentants des principales associations très présents sur
la scène médiatique. Ils vivent une homologie structurale entre leur
relatif déclassement et les milieux difficiles auxquels ils sont
confrontés dans leurs pratiques ou l'ont été lors de leur formation.
Cette homologie structurale ne s'exerce pas, pour autant, de façon
uniforme : les professions les plus mobiles (celles qui s'appuient sur
une légitimité extérieure au champ) échappent largement à cette
autodépréciation. En d'autres termes, la centralité institutionnelle
parmi les personnels ASE recouvre une certaine marginalité dans l'espace
des rapports de savoir administratifs ».
Lorsque je suis tombée sur
des phrases pareilles (l'exemple est relativement avancé dans le livre
mais ce genre de phrases commence très tôt), au début je me suis
accrochée : qu'a-t-il bien pu vouloir dire ?
Mais au bout de pages et de pages comme cela j'ai tout simplement laissé tomber.
J'ai lu les parties que je comprenais sans trop de difficultés (un
historique pur et simple, telle loi passée en 19.., puis tel décret,
puis telle jurisprudence, etc.) mais qui ne sont pas franchement
passionnantes, et les parties qui sont finalement peut être plus
intéressantes, je pense ne pas les avoir comprises.
Pour résumer, j'ai trouvé que ce livre ne s'adressait absolument pas à monsieur tout le monde.
Je suis désolée de ce jugement assez dur, je m'attendais vraiment à
trouver un livre à la portée de tous et qui fasse réfléchir le plus
grand nombre sur le processus d'adoption aujourd'hui pour faire bouger
les choses.
Il me semble que l'auteur a beaucoup de choses à dire sur le sujet et
que c'était un petit peu le but de cet ouvrage (d'après ce que j'ai pu
en entendre à la radio), mais en ce qui me concerne, la mission a
échoué...