jeudi 21 août 2014

En Amazonie

Jean Baptiste Malet


Le sujet (éditeur)

Pour son pic d’activité, à l’approche des fêtes de Noël 2012, Amazon recrute des milliers d’intérimaires. Pour la première fois en France, un journaliste décide d’infiltrer un entrepôt logistique du géant du commerce en ligne. Il intègre l’équipe de nuit. Après avoir souscrit au credo managérial et appris la novlangue de l’entreprise, c’est la plongée dans la mine : il sera pickeur, chargé d’extraire de leurs bins (cellules) des milliers de « produits culturels », amassés sur des kilomètres de rayonnages, marchandises qu’il enverra se faire emballer à la chaîne par un packeur, assigné à cette tâche. Chaque nuit, le pickeur courra son semi-marathon, conscient de la nécessité de faire une belle performance, voire de battre son record, sous le contrôle vigilant et constant des leads (contremaîtres), planqués derrière des écrans : ils calculent en temps réel la cadence de chacun des mouvements des ouvriers, produisent du ratio et admonestent dès qu’un fléchissement est enregistré... Bienvenue dans le pire du « meilleur des mondes », celui qui réinvente le stakhanovisme et la délation sympathiques, avec tutoiement. Plus de quarante-deux heures nocturnes par semaine, en période de pointe. Un récit époustouflant. Jean-Baptiste Malet nous entraîne de l’autre côté de l’écran, une fois la commande validée. La librairie en ligne n’a plus rien de virtuel, l’acheteur ne pourra plus dire qu’il ignorait tout de la condition faite aux « amazoniens ».

Mon avis

Rien de vraiment nouveau. 

Mais ce livre a eu le mérite d'apporter un peu de lumière sur les conditions de travail au sein d'Amazon. C'est suite à sa parution et aux articles qui ont ensuite été relayé dans Le Monde et dans Le Monde Diplomatique que j'ai pris la décision de boycotter Amazon. 
Mais je n'ai finalement rien appris avec la lecture de cet ouvrage.

Mais certains propos tenus dans ce livre m'ont gênés car je trouve que ce sont de mauvais arguments contre Amazon. Et des arguments contre Amazon, on en manque pas!!!

Par ailleurs, ce livre qui m'a fait l'effet de la découverte par un jeune homme du monde du travail manuel! Et oui jeune homme, la vie dans les entrepôts est difficile! Mais sachez que ce n'est pas seulement vrai chez Amazon!!!

Tout d'abord, afin qu'il n'y ait pas de malentendu, je boycotte Amazon depuis près d'un an à présent, pour des raisons fiscales principalement.
Je suis donc fondamentalement d'accord avec Monsieur Mallet.
Je vous livre ci-après mes pensées sur Amazon, ponctuées d'extraits de l'ouvrage, qui dans certains cas étayent mon point de vue et dans d'autres cas malheureusement décrédibilisent de mon point de vue l'argumentaire de l'ouvrage.

1 - Les raisons fiscales.
Je trouve anormal que la société ne paie pas d'impôts sur les bénéfices en France. L'extrait du livre suivant relate tout à fait ces raisons :
Page 26
"L'exemple qu'Amazon donne à voir devrait pourtant faire réfléchir à l'heure ou chaque client achetant un produit sur Amazon.fr ne paie presque aucune taxe à l'état français. L'achat n'est en effet pas assujetti à la TVA. Par un savant montage financier dont de malicieux conseilleurs juridiques ont le secret, Amazon.fr execer une action commerciale dont les clients, les stocks (pour la plupart des produits commandés) et les travailleurs se trouvent à peu près tous physiquement en France, mais pour laquelle le tiroir-caisse est situé au Luxembourg. A tel point que pour les exercices de 2006 à 2010, le fisc français a réclamé à Amazon en 2012, 252 millions de $ (198 millions d'euros) d'arriérés d'impôts, d'intérêts et de pénalités liés à la déclaration à l'étranger de son chiffre d'affaire réalisé en France"

2 - L'organisation des libraires en France et la problématique de disposer rapidement d'un livre en passant par son petit libraire.
Par ailleurs, étant une très grosse consommatrice de livres, je tiens à ce que le petit libraire près de chez moi survive! J'ai beaucoup utilisé Amazon durant mes premières années à Paris, car mon libraire n'avait souvent pas les livres que je souhaitais en stock, était obligé de les commander, et cela prend en moyenne 5 jours ouvrés pour en disposer à sa boutique (et je vis à Paris!!!). Je commandais donc allègrement sur Amazon, et étant cliente premium, j'avais le livre le lendemain soir dans ma boîte aux lettres.

Mais ayant petit à petit pris conscience du mal que mon comportement faisait à ces petits libraires indépendants, j'ai décidé d'arrêter de commander quoique ce soit chez Amazon. Ma bibliothèque est suffisamment importante pour que je puisse patienter 5 jours afin de disposer d'un livre commandé par mon libraire.

Cela étant dit, je ne jette pas la pierre à quinconce achète ses livres sur Amazon.
Je connais par exemple un très grand lecteur qui vit dans les Pyrénées, près d'une petite ville non loin de Perpignan (environ 1h), qui pour disposer d'un livre chez son vendeur de journaux (qui vend également des livres pour dépanner puisque le libraire a fermé boutique il y a quelques années), doit patienter jusqu'à 2 mois... Il partage tout à fait mon point de vue sur la disparition des libraires indépendants puisque lui même a travaillé dans l'édition pendant de très nombreuses années, mais face à cette situation, qui ne comprendrait pas qu'il passe par Amazon pour acheter ses livres?!
Moi même à Paris, comme je le disais, pour disposer d'un livre de poche j'attend en moyenne 5 jours en passant par mon libraire, mais pour certains livres en cours de réapprovisionnement j'ai pu attendre jusqu'à 1 mois un ouvrage, alors qu'Amazon le proposait en moins de 24 heures...
Il y a là très clairement un problème d'organisation de la librairie en France, qui ne sait pas faire face à Amazon, ou qui ne s'est tout simplement jamais vraiment organisée, et qui aujourd'hui face à la concurrence d'Amazon ne sait plus quoi faire. Mais Amazon n'est pas coupable sur cet aspect. Amazon n'a fait que clairement rendre visible une défaillance qui a toujours été présente et contre laquelle il me semble que rien ne soit fait.

Le grand lecteur dont je parlais précédemment a longtemps travaillé dans l'édition et m'a expliqué qu'il n'existe (à quelques exceptions géographiques près) aucun grossiste en France, qui achète des livres de tous les éditeurs et les redistribue aux libraires ensuite.
Pour mon libraire, cela signifie que quand je lui commande un livre chez Pions, il doive contacter Pions, afin que cet éditeur lui envoie le livre en question. 
Il doit en faire de même pour le second livre chez Points que j'ai également commandé. Et évidemment, étant un petit libraire, il n'est certainement pas prioritaire dans le traitement des commandes. 
Quand Amazon appelle Pions pour commander des livres qui sont en rupture de stock dans ses entrepôts, l'éditeur est au garde à vous, mon petit libraire lui peut bien attendre...
Quelques grossistes existent en France, ils sont peu, et comme cela représente un intermédiaire de plus entre le libraire et l'éditeur, la marge du  libraire est moindre lorsqu'il passe par ce grossiste pour vendre un livre...
Bref, vous l'aurez compris, cette situation est anormale, mais pour le coup, de mon point de vue, Amazon ne peut en être tenu pour responsable.

3 - La disparition des libraires indépendants
Cette problématique est très clairement liée au 2nd point puisqu'il me semble que si les libraires indépendants disparaissent petit à petit, c'est parce qu'ils sont dans l'incapacité de se réorganiser afin de représenter une force de frappe égale à Amazon.
Mais pas que!
La concurrence déloyale effectuée par Amazon (remise de 5% en plus de la livraison gratuite, réductions fiscales accordées par le gouvernement) a très largement été médiatisée et je n'en remettrai pas une couche ici. Je tiens juste à souligner que de mon point de vue, l'état Français ne fait pas ce qui est nécessaire pour la protection de ces emplois de libraires.
Il me semble évident que lorsque Amazon s'installe en France, dispose d'avantages fiscaux dont les libraires indépendants ne disposent pas, ils créent certes à court terme des emplois intérimaires (et comme le livre le dit très bien, quelques emplois en CDI mais pas tant que ça), mais à long terme, ceux sont les emplois des libraires indépendants qui disparaissent... 
Page 22
"En France, en dépit de la loi Lang dite du "prix unique du livre" limitant la possibilité de remise sur un ouvrage à 5% de son prix de vente fixé par l'éditeur, la concurrence d’intérêt est d'une incroyable violence, pour les librairies indépendantes, grandes ou petites, comme pour les leaders naguère, de la grande distribution spécialisés dans les produits culturels (FNAC, Virgin, etc.).
Amazon pratique en plus de la remise légale de 5%, la livraison gratuite des livres commandés par ses clients. Ces conditions de vente ont déjà fait l'objet d'une bataille judiciaire. Le syndicat de la librairie française (SLF) a assigné Amazon en janvier 2004 pour viol des dispositions de la loi Lang, pour vente à perte et concurrence déloyale, et dommage causé à la profession de la librairie indépendante [...]. La gratuité des frais de port n'est pas une violation de la loi Lang.
Le législateur avait-il en tête qu'il allait être spectateur de la disparitions des points de vente physique du livre? [...]
Amazon vend désormais à lui seul plus de 8% des livres en France."

4 - Les conditions de travail chez Amazon
C'est sur ce point que j'ai trouvé le livre attaquable.
En effet, Mr Mallet semble accuser l'entreprise de faits qui sont tellement classiques (attention cela ne veut pas dire qu'ils sont excusables) dans n'importe quelle industrie qu'ils décrédibilisent pour le moi l'argumentaire du livre (3e et 4e extrait ci-après).

Page 89
"Chez Amazon, pour une nuit d'ouvrage, le travailleur a le droit à deux pauses de 20 minutes. En réalité, si les pauses sont de 20 minutes, le répit est bien moindre. Le responsable du recrutement d'Adecco nous avait prévenu. A l'heure où sonne la pause, il nous faut quitter notre poste et entreprendre la longue traversée des hangars, en direct des tourniquets de sortie. Pour bien comprendre pourquoi la pause effective est réduite, il vous faut ajouter le temps perdu lors du contrôle screening. Ensuite comptez celui utilisé à ouvrir et fermer votre casier où se trouve votre nourriture, indispensable à l'effort physique. Vous y êtes? Maintenant rendez-vous, temps aux WC, temps auquel s'additionne celui consacré à vous lever les mains salies par la poussière, les chariots et les cartons."

Page 122 Mr Malet rencontre un représentant syndical qui lui relate une partie de son historique avec Amazon.
" "Oui il a fallu que l'on fasse grève pour que ces enfoirés fixent une température normale dans le hangar. [...] Pour briser la grève, ils ont quand même essayé un truc dingue. Ils nous ont dit qu'ils avaient spécialement commandé des accessoires contre le froid [...] ils ont distribué des mitaines... [...]. La presse locale est venue couvrir notre grève et il y a eu un article. Après il y a eu une température normale dans l'entrepôt."
Je demande à Simon si c'est suite à cette grève que la direction s'est décidée à installer du chauffage.
"Tu rigoles? Le chauffage était déjà installé! C'est juste qu'ils voulaient faire des économies et ne chauffaient pas, ils laissaient volontairement une température de 15°c dans l'entrepôt" "

Page 55
"Un manager m'expliquera que les intérimaires sont en effet plus contrôlés que les employés en CDI, tout comme les employés les plus en bas de l'échelle - les "associates" - sont plus contrôlés que les leads et managers plus élevés dans la hiérarchie. Au fil des nuits et des multiples passagers par le tourniquet de sortie, mes collègues Mounir et Ibrahim sont davantage contrôlés que moi. Est-ce l'effet du hasard?"
Bien sûr que non ce n'est pas l'effet du hasard, la question est rhétorique. Mais le fait est que c'est la même chose partout. Et comme me l'a dit une connaissance qui se trouve avoir lancé Amazon France, et qui a très longtemps travaillé dans le domaine de l'édition, c'est également le cas chez n'importe quelle maison d'édition.
Plus généralement, je travaille dans l'industrie, c'est monnaie courante. C'est tout à fait scandaleux je suis d'accord, mais s'en étonner en jetant la faute sur Amazon est je pense contre productif. Il faudrait pour bien faire attaquer toutes les autres entreprises coupables de discrimination...

Page 73
"Il s'agit de faire respecter les règles de sécurité [...]. Des règles logiques et évidentes, mais qui prennent chez Amazon la tournure d'une authentique hypocrisie. Pour la direction, cette volonté affichée de "sécurité" se résume à prévenir les désagréments que constituent les accidents dangereux et for usant pour tous les organismes"
Ah oui, parce que pour mon employeur (une des plus grosses entreprises française), il est vrai que lorsqu'il nous assène à toutes les sauces ses messages de sécurité débiles (tels que "tenez la rambarde de l'escalier quand vous prenez l'escalier", "attention en traversant la route, empruntez les passages piétons", "lorsque vous emprunter l'escalier, ne portez pas et votre ordinateur et votre café") c'est uniquement pour notre bien et non pour éviter les accidents qui lui coûtent par la suite des arrêts de travail...  
Je ne sais pas où Mr Malet a travaillé avant Amazon, mais ces messages hypocrites ne sont une fois de plus, pas propres à Amazon, de nombreux salariés en France y ont droit et ces messages sont bien évidemment dans le but d'éviter des arrêts de travail qui coûtent chers à l'entreprise.

Un passage amusant sur le processus de recrutement

Concernant l'état d'esprit vendu aux intérimaires souhaitant travailler chez Amazon, j'ai trouvé amusant la vision du travail en France dans des entreprises françaises de la responsable de recrutement.
Page 39. La responsable de recrutement pour la boite d’intérim explique les avantages à travailler chez Amazon :
"Un autre point positif c'est qu'on s'éclate. Le PDG ne veut pas que l'on arrive la boule au ventre. Enfin dernier point positif, ils payent le repas de Noël. C'est soit le midi, soit le soir. Pour ça Amazon ils sont vraiment mieux que les entreprises françaises. En France ils ne font jamais rien. Amazon c'est des américains ils pensent aux salariés. Il y a des tombolas organisées. Pour la fête de la Musique, ils ont payé le casse-croûte et fait venir des groupes et un mini cirque. Certaines entreprises françaises ne le font pas. Amazon c'est vraiment sympa. Pour Pâques ils ont même organisé une chasse aux œufs sur le parking. Chaque salarié a reçu une cocotte en chocolat."
Excusez ma réaction : LOL!

mercredi 20 août 2014

Le temps où nous chantions

Richard Powers

 

Le sujet (éditeur)

L'histoire nous est contée par Joseph, issu d'un couple mixte : mère noire et catholique, père blanc et juif fuyant l'Allemagne nazie.
Joseph est donc métisse.
Né au sein des Etats Unis des années 50, il est difficile de n'être ni blanc ni noire dans ce pays qui fait encore l'objet de nombreuses discriminations (faut-il rappeler les affaires de Trevor Martin ou de Ferguson plus récemment?).
Joseph est doué, très doué, mais loin d'être aussi brillant que son frère aîné Jonah, doté d'une voix d'ange... Joseph et Jonah (Jojo comme les appelle leur mère) sont donc envoyés rapidement à Boston afin d'y suivre un cursus musical, dans la seule école de la côte est qui accepte ces deux enfants métisses.
Jonah se formera, écrasant par son talent tous les jeunes chanteurs de l'école, puis intégrera la Julliard de New York. Joseph le suivra, comme il le fera toute sa vie durant... pianiste dans l'ombre de son frère prodige qui fera le tour du monde...


Mon avis

Gros coup de cœur

Ce livre est un sacré pavé, mais quel plaisir, quelle merveille!
On y révise l'histoire de l'évolution de l'égalité raciale dans les Etats Unis de ces 60 dernières années. Et quelle histoire... Quelle évolution, et que de travail encore à réaliser aujourd'hui!
Ce livre est glaçant de vérité. Je ne crois pas avoir réalisé la difficulté d'être noir dans ce pays, et encore moins métisse, ce qui est peut être encore plus difficile.
Mais ce qu'il y a de plus beau dans ce livre, c'est la musique.
Pour faire simple, ce livre est une véritable symphonie, une saga familiale, un combat pour les droits civiques, un chef d'œuvre...
Je tiens enfin à faire honneur au traducteur, car le livre en anglais est certainement une merveille, mais la traduction en français est absolument fabuleuse.

lundi 14 juillet 2014

L'inconnue de Birobidjan

Marek Halter

Le sujet (éditeur)

Juin 1950, Washington. Accusée d'assassinat et d'espionnage, Maria Apron risque la chaise électrique. Pour se défendre, elle n'a que sa beauté et ses souvenirs. Telle Schéhérazade, elle va raconter son histoire pour sauver sa tête.
Maria Apron, de son vrai nom Marina Andreïeva Gousseïev, commence par une révélation fracassante : en octobre 1932, étoile montante du théâtre moscovite, elle se laisse séduire par Staline. Mais, ce soir-là, l'épouse du tyran se suicide, et Staline veut effacer tous les témoins. La vie pleine de promesses de Maria se mue en une fuite éperdue.
Réfugiée au Birobidjan, le petit pays juif créé par Staline en Sibérie, Marina découvre l'incroyable vitalité du répertoire yiddish. Elle renoue avec le travail d'actrice, oublie la folie stalinienne et devient juive parmi les Juifs, alors que les nazis les massacrent partout en Occident. Puis elle tombe amoureuse. Il s'appelle Michael, il est médecin et américain. Marina croit enfin au bonheur. Mais qui peut échapper au maître du Kremlin ? Michael, accusé d'espionnage, est condamné au Goulag. Pour le tirer du camp ou il doit mourir, Marina brave l'enfer sibérien.
En Sibérie comme dans l'Amérique de McCarthy, Marina défie l'Histoire, avec pour seules armes l'amour d'un homme, la puissance du théâtre et la beauté d'une langue.

Mon avis

J'aime assez

Première rencontre avec Marek Halter.
Première rencontre réussie!
Cette histoire est passionnante, et très instructive de surcroît.
Cette chère Marina nous raconte son histoire, sa vie, depuis la Russie de Staline à son exil à New York. Est-elle une espionne pour le compte des communistes? A-t-elle tué l'américain Michael en Russie pour obtenir des papiers et s'envoler vers les US?
Voilà un récit intriguant, au scénario bien ficelé, haletant même! 
Et puis j'y ai découvert l'histoire de ce petit état qu'est le Birobidjan, inconnu au bataillon jusqu'à cette lecture!
Bref, une bonne distraction pour vos week-ends pluvieux...

Léon l'Africain

Amin Maalouf


Le sujet (éditeur)

Cette autobiographie imaginaire part d'une histoire vraie. En 1518, un ambassadeur maghrébin, recevant d'un pèlerinage à la Mecque, est capturé par des pirates siciliens, qui l'offrent en cadeau à Léon X, le grand pape de la Renaissance. Ce voyageur s'appelait Hassan al-Wazzan. Il devient le géographe Jean-Léon de Médicis, dit Léon l'Africain. Sa vie, faite de passions, de dangers et d'honneurs, et que ponctuent les grands événements de son temps, est fascinante : il se trouvait à Grenade pendant la Reconquista, d'où, avec sa famille, il a dû fuir l'Inquistion, en Égypte lors de sa prise par les Ottomans, en Afrique noire à l'apogée de l'empire de l'Askia Mohamed Touré, enfin à Rome aux plus belles heures de la Renaissance, ainsi qu'au moment du sac de la ville par les soldats de Charles Quint. Homme d'Orient et d'Occident, homme d'Afrique et d'Europe, on pouvait difficilement trouver dans l'histoire personnage dont la vie corresponde davantage à l'époque étonnante que fut le XVIe siècle.

Mon avis

Gros coup de coeur


Voilà un livre extra, comme on en lit peu (et pourtant j'en lis des livres géniaux!).
Celui là rentre dans la catégorie des chefs d'oeuvre, des livres fabuleux, qu'on a envie de lire et de re-lire.
J'ai déjà lu "Le rocher de Tanios", que j'ai adoré et qui a remporté le prix Goncourt en 1993, mais celui là est de mon point de vue encore au dessus.

On revisite l'histoire de la Méditerranée avec Hassan (alias Léon à la fin de son périple), jeune homme qui grandit dans la ville de Grenade à l'époque où musulmans et juifs vivent ensemble et jusqu'à sa prise par les catholiques. Il est alors contrait de fuir au Maroc car sa famille ne souhaite pas se convertir au catholicisme.
Au Maroc il suivra son oncle pour son premier périple de diplomate, voie qu'il suivra jusqu'à la fin de sa vie.
Il sillonnera alors tous les pays du Maghreb, de l'Arabie et de l'Afrique subsaharienne, et y rencontrera des femmes qui deviendront ses amantes et/ou épouses.
Puis il sera fait prisonnier par des marins italiens qui l’amèneront à Rome où il deviendra le protéger du pape Léon X, qui le baptisera Jean Léon de Médicis, alias Léon l'Africain"...
Le conte de Mr Maalouf s'arrête là dans la vie de cet homme au destin extraordinaire.
Ce livre se dévore, on y apprend tellement de choses sur l'histoire de la méditerranée, les jeux d'alliance entre les religions et les gouvernants. C'est un vrai régal!

jeudi 3 juillet 2014

Millenium Tome 1

Stieg Larsson

Le sujet (éditeur)

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.

Mon avis

J'aime beaucoup

Je ne vous raconterai pas l'intrigue qui est expliquée et étudiée sous toutes les coutures par des personnes qui écrivent bien mieux que moi sur Babelio.

Voilà une belle surprise. J'ai vu ce livre être lu par tout un tas de personne dans le métro, en vacances, en France, à l'étranger, mais rien à faire je n'étais pas attirée. Le fait que ce soit une sorte de Polar était rédhibitoire.
Et puis, club de lecture oblige, j'ai du me lancer!
Grand bien m'en a pris car je n'ai pas vu passer le week-end grâce à ce livre! Je suis restée scotchée! Bon le fait que dehors le temps soit pourri a joué je pense mais tout de même ce livre a un effet assez addictif.
J'ai d'ailleurs dores et déjà emprunté le tome 2 pour le lire cet été!

Alors pour les âmes sensibles comme moi sachez qu'en dehors de quelques scènes rapides un peu difficiles, on est vraiment plongés dans une enquête, pas de quoi s'effrayer et ne plus dormir la nuit, vraiment.
L'intrigue est très bien ficelée, et pour ma part (mon je ne suis pas Hercule Poirot non plus) je n'ai rien vu venir.
Les personnes sont par ailleurs très attachants et comme je le disais, je les retrouverai avec plaisir dans la suite de leurs aventures!

Bref, de mon point de vue une bonne lecture si vous voulez oublier le monde qui vous entoure et passer 1 ou 2 jours à bouquiner.

mercredi 4 juin 2014

Operation Sweet Tooth

Ian McEwan

Le sujet (éditeur)

En Grande-Bretagne, au début des années 1970, la guerre froide est loin d'être finie. Diplômée de Cambridge, belle et intelligente, Serena Frome est la recrue idéale pour le MI5. La légendaire agence de renseignements anglaise est en effet bien décidée à régner sur les esprits en subvenant aux besoins d'écrivains dont l'idéologie s'accorde avec celle du gouvernement. L'opération en question s'intitule Sweet Tooth et Serena, lectrice compulsive, semble être la candidate tout indiquée pour infiltrer l'univers de Tom Haley, un jeune auteur prometteur. Tout d'abord, elle tombe amoureuse de ses nouvelles. Puis c'est de l'homme qu'elle s'éprend, faisant de lui l'autre personnage central de cette histoire.

Mon avis

J'aime un peu

Là encore, je suis assez déçue.
J'en avais entendu beaucoup de bien dans l'émission "Le Masque et la Plume", à la suite de quoi je me suis ruée à la médiathèque pour l'emprunter, et finalement en ce qui me concerne, ce livre n'a pas tenu ses promesses .
L'histoire est bien trouvée, l'écriture agréable, mais je n'ai pas ressenti cet attrait qui me presse de revenir à ma lecture tous les soirs. Le début était pourtant pleins de belles promesses mais tout cela s'efface au fur et à mesure de la lecture, et j'ai fini par m'ennuyer.
Par ailleurs, chose étonnante, j'ai trouvé que la période de la guerre froide dans laquelle se déroule ce roman n'était pas rendue de façon intéressante, ce qui tient malheureusement de l'exploit (ce n'est quand même pas difficile)!

lundi 26 mai 2014

Demain j'arrête

Gilles Legardinier


Le sujet (éditeur)

La soirée organisée pour célébrer le troisième divorce de Jérôme avait super bien commencé. Dans une ambiance détendue, chacun y allait de bon cœur pour raconter son dernier échec. Et puis soudain un inconnu demande à Julie ce qu'elle a fait de plus idiot dans sa vie. Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Enfiler un pull en dévalant des escaliers, ou tenter de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents. Mais tout cela n'est rien comparé à son obsession pour son nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu. Et tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses délirantes qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle s'évertue à percer le secret. Poussée par son esprit, son cœur et son imagination, de plus en plus attirée par celui à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va chaque jour prendre davantage de risques, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à la drôle de question posée par un inconnu dans une soirée...

Mon avis

Pourquoi pas...

Bouarf. J'avoue être déçue. Je n'ai pas rigolé comme je l'avais espéré. Le livre est sympathique, et parfois amusant : il m'a fait sourire plusieurs fois. Mais c'est tout.
L'histoire est pourtant bien menée. Bon on sait tout de suite ce qui va se passer entre Julie et son voisin. Mais pour tout le reste, en ce qui me concerne je n'avais rien vu venir.
Le livre est plutôt bien écrit, non pas que ce soit de la grande littérature, mais l'écriture est fluide et agréable à lire.
Je n'ai pas grand chose à rajouter en fait, aussitôt lu, aussitôt oublié.
Un moment de détente agréable.